Le ministère des affaires étrangères français a exprimé, vendredi 14 août, sa « très grande satisfaction » après l’annonce la veille par la junte malienne de la grâce d’un agent de renseignement officiellement affecté à l’ambassade de France à Bamako, emprisonné depuis un an. « Le retour de notre compatriote en France, auprès de ses proches, est un soulagement pour le ministère de l’Europe et des affaires étrangères comme pour l’ensemble de ses collègues », ajoute le ministère dans un communiqué.
Affecté à l’ambassade de France à Bamako, Yann Vézilier avait été condamné en juin à vingt ans de prison pour « atteinte à la sûreté de l’Etat » de ce pays sahélien dirigé par une junte en rupture avec la France. Il avait été arrêté le 13 août 2025 en compagnie de plusieurs officiers des forces armées maliennes lors d’une opération menée par la Sécurité d’Etat, les services de renseignement maliens. Il était accusé de conspiration contre les institutions.
Le ministère des affaires étrangères français a dénoncé à plusieurs reprises des « accusations sans fondement ». En juin, il avait assuré que l’agent français « menait à bien une mission de coopération sécuritaire et en aucun cas la France n’a participé, directement ou indirectement, à la déstabilisation du Mali ».
En réponse à cette arrestation, la France avait suspendu en septembre 2025 sa coopération antiterroriste avec le Mali et sommé deux diplomates maliens de quitter son territoire.
Cette grâce, après des années de fortes tensions entre Paris et la junte malienne, intervient au moment où les autorités militaires maliennes sont très fragilisées depuis plusieurs mois avec la vaste offensive déclenchée fin avril par une coalition de djihadistes du Groupe de soutien de l’islam et des musulmans, affilié à Al-Qaïda, et d’indépendantistes touareg du Front de libération de l’Azawad, qui ont accru leur emprise dans le nord du pays.
Cette mesure ne « remet pas en cause les faits établis par un jugement contradictoire rendu au cours d’un procès », a toutefois souligné le gouvernement malien, affirmant que l’officier français a été « jugé et condamné à la suite d’un procès équitable ».