Disposant d’une cinquantaine d’ogives nucléaires et de capacités balistiques, la République populaire démocratique de Corée (RPDC) n’est plus ce petit « Etat voyou », selon la terminologie du temps de la présidence de George W. Bush (2001-2009), au sujet duquel les Etats-Unis et leurs alliés pensaient qu’il suffisait de le sanctionner pour qu’il rentre dans le rang. La RPDC est devenue une puissance avec laquelle la région doit désormais compter.
La politique visant à contraindre la Corée du Nord à renoncer à ses ambitions nucléaires a été un échec, écrit dans la revue Foreign Affairs (mai-juin) Victor Cha, du Centre d’études stratégiques internationales. Un constat d’autant plus significatif que l’auteur mena cette politique tambour battant lorsqu’il était directeur des affaires asiatiques au Conseil de sécurité nationale à Washington (2004-2007). « La taille et la sophistication de l’arsenal nord-coréen témoignent de la faillite de cette approche », écrit-il. Elle a ralenti la nucléarisation sans l’enrayer. « Exiger aujourd’hui la dénucléarisation de la RPDC n’a pas de sens », poursuit-il.
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