Au surlendemain du 250e anniversaire des États-Unis, deux mouvements coexistent. D’un côté, de plus en plus d’Américains veulent quitter leur pays, poussés à l’expatriation par le coût de la vie, les problèmes de sécurité et le climat politique, notamment depuis la réélection de Donald Trump. De l’autre côté, le rêve américain continue de fonctionner et le pays attire encore les étrangers.
À l’occasion des célébrations du 4 Juillet, The Brussels Times a rencontré plusieurs Américains installés de longue date en Belgique. “Outre des avantages pratiques comme l’accès aux soins de santé, un rythme de vie plus tranquille et la facilité d’accès au reste de l’Europe, ils ont trouvé quelque chose de plus difficile à quitter : un fort sentiment d’appartenance à une communauté”, écrit le quotidien. Dans le même temps, l’expatriation a profondément changé leur rapport à leur pays d’origine. Certains évoquent le décalage entre les États-Unis de leur souvenir et le pays réel où ils rentrent en vacances. D’autres, comme Paul et Julia Willoughby, qui vivent en Belgique depuis plus de quarante ans, se disent encore plus inquiets de la situation politique américaine et confient hésiter parfois à révéler leur nationalité. À l’inverse, Nancy Evans, elle aussi en Belgique depuis de nombreuses décennies, explique s’être “sentie très américaine” dès qu’elle a quitté son pays.
Sur le site de Slate, la journaliste Hannah Docter-Loeb, qui s’est installée à Amsterdam il y a deux ans, raconte :
“Chaque fois que je dis que je viens des États-Unis, je me sens obligée d’ajouter ‘malheureusement’.”
Et pourtant, elle reconnaît une certaine ambivalence : elle rejette le régime actuel, mais apprécie d’autant plus ses compatriotes à l’étranger, plus enthousiastes et joyeux que les Européens. Certes, ils “appartiennent à une catégorie spécifique”, critique de la situation aux États-Unis : “Nous sommes les transfuges.”
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Le prestige des universités perdure
Selon The Independent, bien qu’il n’existe pas de chiffre officiel qui recense les Américains expatriés, “le Programme fédéral d’assistance au vote (FVAP) estimait à 3,3 millions le nombre de citoyens américains vivant à l’étranger en 2024, soit une augmentation de 15 % par rapport à 2010”. L’Association des Américains résidant à l’étranger (AARO) évoque des chiffres environ 60 % plus élevés. Le quotidien britannique donne lui aussi la parole à plusieurs Américains, poussés à l’expatriation par le coût de la vie, notamment avec des enfants, et les fusillades dans les écoles.
C’est le cas de la famille Reagan, qui vit désormais en Italie avec ses trois jeunes enfants. Selon Alex Ingrim, PDG d’une entreprise de conseil financier aux Américains résidant à l’étranger, le profil démographique des expats qu’il accompagne a changé : on est passé des retraités aux familles.
Le quotidien britannique souligne l’importance de l’information en ligne, par l’intermédiaire des médias traditionnels mais aussi les comptes des expats eux-mêmes sur les réseaux sociaux, dans ce phénomène, car elle permet de se rendre compte que l’expatriation est possible (bien que souvent pleine de défis).
Mais le rêve américain n’est pas pour autant complètement essoufflé, puisque les États-Unis continuent d’attirer de nombreux étrangers. Parmi eux, nombre d’étudiants indiens, note The Indian Express : “Ce rêve est plus vivace que jamais : l’Inde est devenue le premier pays d’origine des étudiants internationaux, dépassant la Chine et représentant près d’un tiers des étudiants étrangers inscrits dans les universités et les établissements d’enseignement supérieur américains.”
Malgré leur coût, le prestige des universités américaines, les opportunités professionnelles qu’offrent leurs diplômes, et l’exemple de grands patrons d’origine indienne qui ont suivi cette voie, comme Sundar Pichai, directeur général d’Alphabet (Google), et Satya Nadella, directeur général de Microsoft, alimente l’envie des jeunes et de leurs familles.
Le rêve américain fonctionne donc toujours, mais peut-être moins pour les Américains que pour les étrangers.
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