De la tristesse et du dépit. En cette mi-avril, Elie Barnavi lève les yeux au ciel, résigné, lorsque la rencontre entre l’ambassadeur d’Israël en France, Joshua Zarka, et Marine Le Pen est ébruitée. « Israël piétine la mémoire juive », déplore l’historien et ancien diplomate israélien auprès du Monde, écœuré par l’attitude du gouvernement de Benyamin Nétanyahou. L’ambassadeur a agi sur ordre de sa hiérarchie, offrant à la fille du négationniste Jean-Marie Le Pen l’imprimatur de la normalisation tant recherchée par le parti cofondé par Pierre Bousquet et Léon Gaultier, d’anciens soldats de la Waffen SS.
« Le Rassemblement national [RN] n’est pas le Front national [FN, l’ancien nom du parti], ils ont évolué. Quand [son président] Jordan Bardella est allé à Yad Vashem [en mars 2025] et s’est engagé à combattre l’antisémitisme, qu’il soit de gauche ou de droite, cela a eu un effet. Depuis le 7-Octobre, le RN a été le parti qui a pris le côté d’Israël », affirme, trois mois plus tard, Joshua Zarka, représentant d’un gouvernement menacé de sanctions par ses alliés occidentaux, après trois années de guerres dans les territoires palestiniens (bande de Gaza et Cisjordanie occupée), au Liban, au Yémen, en Syrie et en Iran.
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