En direct Mardi 30 Juin 2026
Géopolitique

Le Royaume-Uni annonce un budget militaire de 300 milliards de livres pour moderniser l’armée face aux nouvelles menaces

Face à un contexte international tendu, Londres mise sur une transformation profonde de ses forces armées pour renforcer sa souveraineté et anticiper les défis de demain.

Le Royaume-Uni annonce un budget militaire de 300 milliards de livres pour moderniser l’armée face aux nouvelles menaces
HaitiCreoleRadio.com

Drones, dissuasion nucléaire et Navy « hybride » : le Royaume-Uni prévoit de porter son budget militaire à près de 300 milliards de livres, soit 348 milliards d’euros, durant les quatre prochaines années pour moderniser les forces britanniques dans un contexte de montée des menaces.

Après plusieurs mois de retard en raison de contraintes budgétaires, le premier ministre démissionnaire, Keir Starmer, a dévoilé mardi un plan d’investissement dans la défense à partir du site d’un fabricant de drones dans le Berkshire, dans le sud de l’Angleterre. Malgré son départ prochain de Downing Street, le chef du gouvernement travailliste avait promis de présenter ce plan avant le sommet de l’OTAN en Turquie les 7 et 8 juillet.

« Nous devons faire le nécessaire pour affronter résolument ce nouveau monde, assurer la sécurité de notre pays et saisir les opportunités découlant de l’investissement dans notre puissance souveraine », a déclaré Keir Starmer. « Nous allons transformer nos forces armées en offrant à l’industrie la certitude nécessaire pour investir et en apportant à nos alliés de la clarté sur nos intentions », a-t-il insisté.

Lire aussi | Article réservé à nos abonnés Au Royaume-Uni, après la démission de Keir Starmer, Andy Burnham pourrait être nommé dès la mi-juillet

Tirant les leçons des conflits en Ukraine et au Moyen-Orient, le plan met l’accent sur le développement des drones et des systèmes autonomes grâce à un investissement de 5 milliards de livres (5,8 milliards d’euros) dans des drones de déminage ou encore des drones d’attaque explosifs au faible coût, a détaillé le ministère de la défense dans un communiqué.

Le gouvernement va également mobiliser 63 milliards de livres pour « renforcer la dissuasion nucléaire britannique » et 11 milliards pour reconstituer les stocks de munitions et d’armements. Par ailleurs, Londres s’engage à contribuer à hauteur de 8 milliards de livres au projet de futur avion de combat, dans le cadre du Global Combat Air Programme (GCAP), développé en partenariat avec le Japon et l’Italie.

Des navires fonctionnant grâce à l’IA

L’objectif est également de transformer la Royal Navy, qui a récemment montré ses limites au Moyen-Orient, en une marine « hybride », combinant des navires dits autonomes fonctionnant grâce à l’intelligence artificielle avec une flotte plus traditionnelle.

Au moins six nouveaux navires de guerre seront construits, assurant l’activité des chantiers navals britanniques pendant des décennies, selon le gouvernement. Keir Starmer s’est dit « confiant » dans le fait que ce plan permette au Royaume-Uni de se défendre lui-même et d’assumer ses responsabilités envers l’OTAN dans l’éventualité d’une offensive russe d’ici à 2030.

Les tergiversations autour de ce plan ont aggravé la crise politique qui a mené à sa chute la semaine dernière. Elles avaient préalablement poussé celui qui était alors ministre de la défense, John Healey, à claquer la porte du gouvernement, suivi par le secrétaire d’Etat aux forces armées, Al Carns.

M. Healey avait accusé le chef du gouvernement et la ministre des finances, Rachel Reeves, de ne pas avoir débloqué les fonds nécessaires « pour défendre le pays en cette période de menaces croissantes ». Dans une volonté d’afficher l’unité du gouvernement, la ministre était présente mardi avec le ministre de la défense, Dan Jarvis, aux côtés de Keir Starmer.

Plusieurs autres responsables militaires avaient aussi fait part de leur inquiétude face au risque d’un plan au rabais qui ne permette pas au Royaume-Uni de respecter ses engagements auprès de l’OTAN, dans un contexte de fortes pressions américaines. Londres, comme les autres membres de l’Alliance atlantique, s’est engagé à porter son budget militaire à 3,5 % du PIB d’ici à 2035.

Lire aussi | Article réservé à nos abonnés Montée des tensions entre la Russie et le Royaume-Uni dans la Manche

Démissionnaire, Keir Starmer se rendra au sommet de l’OTAN mais ne sera plus en poste pour la mise en œuvre du plan. Son probable successeur, Andy Burnham, devrait arriver à Downing Street à la mi-juillet. Le gouvernement a précisé que le plan avait été retravaillé depuis le départ de John Healey pour donner plus de place aux nouvelles technologies, comme les drones, et moins aux programmes traditionnels et très chers visant à développer à horizon lointain de nouvelles capacités de pointe.

Au total, ce sont 15 milliards de livres (17,3 milliards d’euros) supplémentaires qui ont été débloqués sur quatre ans, environ 2 milliards de plus que le montant qui avait déclenché le départ de John Healey, mais loin des 28 milliards réclamés par l’état-major. Pour les financer, le gouvernement va geler des projets « pas immédiatement vitaux » dans l’énergie et les transports, a déclaré Keir Starmer. Il avait déjà annoncé qu’il rognerait sur le budget de l’aide internationale pour financer la hausse des dépenses militaires.

Le Monde avec AFP

S’abonner
Article précédent «Castle Park», le retour de Graham Coxon, increvable archite… Article suivant EN DIRECT, guerre en Ukraine : l’UE débloque 3,9 milliards d…

Commentaires (0)

Laisser un commentaire

0 / 2000 caractères

Aucun commentaire. Soyez le premier !