Et de quatre. Début mai, une odeur astringente émanant d’une ferme dans la province du Nord-Ouest [à Swartruggens, situé entre Pretoria et Pomfret], en Afrique du Sud, a conduit au démantèlement d’un laboratoire de production de méthamphétamine à grande échelle. Sur place, les forces de l’ordre découvrent plus de 480 kilos de méthamphétamine et des installations d’une valeur estimée à plus de 50 millions d’euros. Parmi les 11 suspects arrêtés, cinq Mexicains, rapporte la chaîne de télévision publique sud-africaine SABC.
En un an et demi, c’est la quatrième fois que les autorités sud-africaines arrêtent des citoyens mexicains en marge du démantèlement de laboratoires de production de crystal meth à échelle industrielle, souligne le site sud-africain spécialisé dans les questions de sécurité Defence Web.
Une tendance qui trahit un “changement structurel dans les tactiques du trafic de drogue mondial”, estime le site sud-africain Africa Defense Forum. De plus en plus, les cartels délocalisent leur production en Afrique afin de se rapprocher des consommateurs et d’échapper à la surveillance des autorités américaines, au Mexique en particulier.
Le phénomène ne se limite pas à l’Afrique du Sud. Alors que les premiers laboratoires de ce type ont été découverts au Nigeria au milieu des années 2010, les opérations de lutte contre le trafic de drogue révélant des liens avec le Mexique se multiplient à travers le continent ces dernières années. Après le Kenya, des coups de filets ont eu lieu au Mozambique, au Malawi ou encore au Botswana…
Épidémie de toxicomanie
L’Afrique de l’Ouest, plateforme de transit historique de la drogue entre l’Amérique latine et l’Europe, est de plus en plus utilisée par les cartels pour faire entrer des matières premières avant de fabriquer la drogue en Afrique australe, rapporte Africa Defense Forum. Autre plateforme de transit traditionnelle, le Mozambique semble également en passe de devenir une base de production.
En avril 2026, les autorités mozambicaines ont ainsi découvert de grandes quantités de produits chimiques utilisés dans la fabrication de drogue après l’arrestation de trois personnes, dont deux Mexicains. “Les deux Mexicains ont été identifiés comme étant membres du cartel de Sinaloa, au Mexique, et ils avaient l’intention de s’établir dans le pays”, soulignent alors les autorités, citées par Africa Defense Forum.
“La situation géographique du Mozambique, en tant que corridor reliant l’Afrique de l’Est et l’Afrique australe, le rend particulièrement vulnérable au trafic illicite de drogue”, indique un rapport publié en 2025 par l’autorité de lutte contre le trafic de drogue mozambicaine, cité par le média sud-africain.
L’expansion des cartels mexicains dans la région “est en train d’y engendrer une épidémie de toxicomanie”, alerte Africa Defense Forum. En 2025, le nombre de personnes traitées dans les hôpitaux du Mozambique en raison d’une addiction à la drogue a augmenté de 38 %.
Mercredi 20 mai, après des mois d’enquête, les autorités nigérianes ont annoncé avoir démantelé le plus grand laboratoire de production de méthamphétamine jamais découvert dans le pays. Dans les installations cachées dans les profondeurs d’une forêt reculée, elles ont saisi des drogues et des précurseurs d’une valeur estimée à 480 milliards de nairas (plus de 300 millions d’euros). Parmi les suspects arrêtés, trois chimistes mexicains, rapporte la chaîne nigériane Arise News.
Pour les autorités, le coup de filet dessine les contours de ces nouvelles organisations, au sein desquelles des réseaux locaux collaborent avec des cartels internationaux. Ces derniers franchisent leur production en aidant les trafiquants du pays à établir des laboratoires de production de méthamphétamine dans des espaces ruraux reculés.
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