« Nétanyahou est bon pour les Juifs ». C’est sous ce slogan que Benyamin Nétanyahou, alors chef du Likoud, le principal parti d’opposition, mena campagne en 1995-96 contre le gouvernement travailliste d’Yitzhak Rabin (1922-1995), puis de Shimon Pérès (1923-2016), alors engagé dans un processus de paix avec l’Organisation de libération de la Palestine (OLP). Aucun dirigeant israélien n’avait osé jusqu’alors prétendre qu’il était « bon pour les Juifs » et que ses rivaux ne le seraient pas.
Mais l’ambitieux trentenaire qu’était Nétanyahou avait introduit une virulence inédite dans le débat israélien, multipliant mensonges, amalgames et surenchères pour disqualifier les septuagénaires Rabin et Pérès. Il alimenta ainsi le climat de haine qui conduisit, en novembre 1995, à l’assassinat de Rabin par un partisan fanatique de la colonisation de la Cisjordanie. Nétanyahou, loin d’atténuer sa rhétorique après un tel drame, multiplia les charges contre Pérès, remportant de justesse les élections de mai 1996.
Diffamer, diffamer et encore diffamer
Depuis cette première victoire électorale, Nétanyahou a gouverné Israël durant plus de dix-neuf années cumulées. Cette longévité inégalée aux commandes de l’Etat hébreu s’est nourrie d’une brutalité de plus en plus débridée, non seulement à l’encontre de l’opposition israélienne, mais aussi de tous les corps constitués, justice, police ou presse, qui pouvaient encore contenir les ambitions du premier ministre.
Diffamer, diffamer et encore diffamer est devenu pour Nétanyahou un réflexe, tout autant qu’une politique, aussi bien en Israël que sur la scène internationale. Le premier ministre a en effet choisi, aux Etats-Unis, de s’allier aux « sionistes chrétiens », tenants de la colonisation des territoires palestiniens, plutôt qu’à la communauté juive, majoritairement favorable à un compromis avec l’OLP. Peu importe à Nétanyahou que de grandes figures américaines du « sionisme chrétien » aient semé le trouble par leurs dérapages antisémites, il privilégie un soutien aussi sulfureux, mais inconditionnel, quitte à s’aliéner une partie de la diaspora juive.
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