Les enlèvements sont devenus une source essentielle de revenu pour les groupes criminels du Nigeria, en particulier pour les djihadistes et les gangs armés de « bandits ».
Selon un rapport publié mercredi 26 août par le cabinet de conseil SBM Intelligence, basé à Lagos, quelque 7,78 milliards de nairas (5 millions d’euros environ) de rançon ont été versés à ces groupes entre juillet 2025 et juin 2026, soit plus du triple des 2,56 milliards de nairas payés sur la même période de l’année précédente.
Dans ce laps de temps, au moins 7 825 personnes ont été enlevées, soit 66 % de plus qu’à la période précédente (juillet 2024-juin 2025), selon les chiffres de SBM Intelligence. Au moins 1 142 personnes ont été tuées, dont 895 civils, ajoute le rapport.
Le pays le plus peuplé d’Afrique (près de 240 millions d’habitants) est aux prises depuis dix-sept ans avec une insurrection menée dans le Nord-Est par des groupes djihadistes qui ont fait de ces enlèvements une arme de choix – notamment celui en 2014 de centaines de collégiennes dans la ville de Chibok. Les autorités doivent aussi faire face à des bandes criminelles dans le nord-ouest et le centre du pays.
Campagne présidentielle
Deux enlèvements de masse attribués à l’organisation djihadiste Boko Haram compte pour 7 milliards de nairas (4,5 millions d’euros), soit 90 % du total des rançons payées, selon SBM : le rapt de plus de 400 personnes à Ngoshe, dans l’Etat de Borno, un bastion de l’insurrection djihadiste, et le kidnapping d’environ 300 élèves et membres du personnel de l’école catholique St. Mary’s, dans le village reculé de Papiri.
L’Agence France-Presse (AFP) avait rapporté à l’époque, citant des sources proches des négociations, que le gouvernement avait payé au moins 2 milliards de nairas (1,3 million d’euros environ) pour libérer ces derniers, ce que les autorités avaient démenti.
« L’enlèvement de masse est désormais la pratique dominante », affirme SBM Intelligence, qui préconise de « perturber les flux financiers qui soutiennent » l’insurrection et appelle à une « stabilisation économique » dans ce pays pauvre, ce qui « pourrait réduire le vivier dans lequel sont recrutés les hommes de main ».
L’insécurité et l’économie seront au cœur de la campagne présidentielle qui vient de démarrer au Nigeria. En janvier 2027, le président, Bola Tinubu, briguera un second mandat.