Les tensions repartent de plus belle. Les Etats-Unis ont annoncé, mardi 7 juillet, le lancement de « frappes puissantes » contre l’Iran et le rétablissement de sanctions économiques sur le pétrole iranien, affirmant répondre à de nouvelles attaques ayant visé des navires commerciaux dans le détroit d’Ormuz.
Trois navires qui y transitaient ont été frappés en 24 heures, a rapporté l’agence de sécurité maritime britannique UKMTO, le Qatar et l’Arabie saoudite, imputant deux de ces attaques à l’Iran, malgré le cessez-le-feu conclu entre Téhéran et Washington. L’Iran et les Etats-Unis ont signé, le 17 juin, un protocole d’accord pour mettre fin à la guerre déclenchée le 28 février par l’offensive américano-israélienne contre Téhéran.
Ce texte prévoit notamment la réouverture du détroit d’Ormuz, par où transitent en temps normal 20 % du pétrole brut et du gaz naturel liquéfié (GNL) mondiaux, dont la fermeture par Téhéran avait fait vaciller l’économie mondiale et flamber les prix, mais aussi la levée des sanctions américaines sur le pétrole iranien.
« Violation du cessez-le-feu »
Le commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom) a annoncé le lancement d’une « série de frappes puissantes » en représailles aux « attaques iraniennes », qualifiées de « violation flagrante du cessez-le-feu ». Les médias iraniens ont fait état d’explosions, mardi, sur des sites proches du détroit d’Ormuz.
Le ministère des finances américain a publié un document interdisant les « nouvelles transactions » d’hydrocarbures iraniens, à compter de mardi. La navigation avait repris dans le détroit d’Ormuz à la suite de la signature du protocole d’accord, malgré quelques incidents.
Fin juin, accusant l’Iran d’avoir ciblé deux navires, les Etats-Unis avaient bombardé le pays, qui avait riposté en ciblant des voisins du Golfe, le Koweït et Bahreïn. Washington et Téhéran s’étaient ensuite mis d’accord pour cesser ces hostilités.
L’Arabie saoudite a condamné « le ciblage par la République islamique d’Iran du pétrolier saoudien Wedyan », ainsi que celui « du méthanier qatari Al-Rakayyat », dénonçant « une atteinte à la sécurité de la navigation internationale et à la sécurité des approvisionnements énergétiques mondiaux ».
Auparavant, le Qatar avait annoncé avoir convoqué le chargé d’affaires iranien pour protester contre l’attaque visant son méthanier. Le ministère des affaires étrangères qatari a déclaré avoir remis au diplomate iranien une note sommant Téhéran de « cesser immédiatement toute pratique portant atteinte à la sécurité régionale » ainsi qu’à « la sécurité de la navigation internationale et l’approvisionnement énergétique mondial », tout en exigeant « des explications sur cette attaque ».
D’autres incidents signalés
Le porte-parole du ministère des affaires étrangères iranien, Esmaïl Baghaï, a, de son côté, dénoncé une mise en cause « inacceptable » de la part du Qatar. Sans les attribuer, l’agence UKMTO a ensuite signalé, mardi, deux autres incidents : un pétrolier touché par un projectile non identifié, subissant « des dommages structurels », et un navire-citerne frappé par un drone d’origine inconnue.
Dans les trois cas, l’agence a précisé qu’il n’y avait eu ni blessé ni dégâts environnementaux. L’Iran exclut, en dépit de l’opposition des Etats-Unis, tout retour à la situation d’avant-guerre, quand le passage du détroit était libre, et menace les navires tentés de contourner le seul itinéraire qu’il a autorisé le long de ses côtes.
Le site américain Axios a rapporté, lundi soir, que l’Iran avait « tiré au moins deux missiles sur des navires commerciaux », citant deux responsables américains. Selon l’un de ces responsables, un deuxième bateau a été touché et présente des dégâts importants. L’Agence France-Presse (AFP) n’a pas été en mesure de confirmer ces informations de manière indépendante.
Cette montée des tensions intervient alors que l’Iran organise, depuis samedi, des funérailles nationales de six jours pour son ancien guide suprême Ali Khamenei, tué au premier jour de la guerre par des frappes israélo-américaines. Sa dépouille vient d’arriver en Irak pour des processions à Najaf et Kerbala, deux villes abritant les sanctuaires les plus vénérés des musulmans chiites.