Les Etats-Unis ont écarté, vendredi 19 juin, les réformes économiques annoncées la veille par le gouvernement cubain. « Ces “réformes économiques” sont modestes, attendues depuis bien trop longtemps et, en fin de compte, ne constituent qu’un écran de fumée superficiel lancé par le régime cubain », a affirmé un porte-parole du département d’Etat américain à l’Agence France-Presse.
Cuba a adopté, jeudi, un vaste programme de réformes en faveur de l’économie de marché, pour tenter de mettre fin à une grave crise, alors que l’île se trouve sous pression maximale de Washington. Ce paquet de mesures, 176 au total, représente le plus grand bouleversement du modèle économique de l’île depuis l’adoption du communisme, il y a près de soixante-dix ans.
Mais pour Washington, il s’agit d’une « stratégie typique » consistant à annoncer de « prétendues réformes pour faire croire à une volonté de changement, puis de revenir rapidement dessus dès que le contrôle total du régime se trouve menacé ».
Cuba dans le viseur de Donald Trump
Les Etats-Unis exigent des « réformes économiques et politiques bien plus substantielles qui rendraient Cuba attractive pour les investisseurs (…) et offriraient au peuple cubain la liberté, la dignité et les opportunités qu’il mérite », a-t-on ajouté de même source. Les relations entre les Etats-Unis et Cuba, sous embargo depuis 1962, se sont considérablement tendues depuis le début de l’année, notamment depuis que l’administration Trump a renversé le président vénézuélien Nicolas Maduro.
Les Etats-Unis ont imposé un blocus pétrolier de facto à l’île, édicté de nouvelles sanctions contre des entreprises et des dirigeants cubains, et inculpé l’ex-président Raul Castro, le frère du dirigeant historique Fidel Castro, dans une affaire remontant à 1996.
Donald Trump estime que l’île, située à environ 150 kilomètres des côtes de Floride, représente « une menace extraordinaire » pour la sécurité nationale des Etats-Unis. Il a plusieurs fois menacé d’en « prendre le contrôle ».