L’armée américaine a annoncé, mercredi 2 septembre, avoir intercepté et coulé un navire suspecté d’apporter un soutien logistique au groupe criminel Los Choneros, impliqué dans le trafic de drogue en Equateur, au cours d’une opération menée en coordination avec le gouvernement équatorien.
Il s’agit de la deuxième opération menée en moins d’une semaine par Washington et Quito contre des navires liés à Los Choneros dans le Pacifique. Le président équatorien, Daniel Noboa, mène une guerre contre le narcotrafic avec le soutien militaire des Etats-Unis et a intégré le « Bouclier des Amériques », une coalition antidrogue dirigée par Donald Trump.
Le navire « servait de station de ravitaillement flottante » pour Los Choneros, a déclaré le Commandement Sud des Etats-Unis sur le réseau social X. Le compte a également publié une vidéo montrant un hélicoptère en train de voler près du navire, des personnes en uniforme passer d’un canot à l’autre, puis une violente explosion.
Le Commandement Sud a ajouté que les membres d’équipage avaient « été remis de manière sécurisée aux autorités équatoriennes ». « Une fois le navire sécurisé, les forces américaines l’ont coulé », a précisé l’institution.
Pêcheurs disparus
A la capitainerie du port de Manta, mercredi, plusieurs personnes recherchaient des informations sur leurs proches, pêcheurs, après avoir perdu le contact avec eux. Selon elles, les membres d’équipage leur ont signalé avoir vu des hélicoptères et des bateaux militaires s’approcher.
« Ce sont des pêcheurs, ils souffrent pour subvenir aux besoins de nos foyers, de nos enfants. Nous voulons des réponses, nous voulons avoir de leurs nouvelles », a déclaré à l’Agence France-Presse (AFP) Olivia Holguin, sœur du capitaine d’un bateau. L’AFP n’a pas été en mesure de vérifier que ces personnes et le Commandement Sud parlaient du même navire.
Il y a un an, le gouvernement américain a lancé une campagne de frappes aériennes contre des embarcations soupçonnées d’être utilisées pour le trafic de drogue dans les Caraïbes et dans le Pacifique oriental, qui a fait plus de 200 morts.
L’organisation Human Rights Watch a dénoncé en juillet des actes de torture et des détentions arbitraires dans le cadre de la campagne militaire menée par l’Equateur et les Etats-Unis. Elle a également dénoncé le fait que trois embarcations auraient été attaquées par les forces américaines au large des côtes équatoriennes entre janvier et mars, faisant au moins huit disparus, bien que Washington nie toute implication.