Le tir était attendu. Il est une nouvelle fois ciblé. Les sanctions annoncées mardi 18 août par le Trésor américain visent cette fois la présidente de la Cour pénale internationale (CPI), la juge japonaise Tomoko Akane, et le Sénégalais Abdoulaye Seye, le substitut du procureur de la CPI, l’un des principaux responsables du dossier Palestine. Il porte à 13 le nombre de magistrats ciblés par les Etats-Unis, auxquels s’ajoutent trois organisations non gouvernementales (ONG) palestiniennes et Francesca Albanese, la rapporteuse spéciale des Nations unies sur les territoires palestiniens occupés. D’ici à trente jours, Abdoulaye Seye et Tomoko Akane ne pourront plus obtenir de visas pour les Etats-Unis, leurs éventuels biens outre-Atlantique seront gelés, et leurs accès à Internet et bancaires restreints. La CPI a dénoncé, mercredi matin, « une attaque flagrante », affirmant que « c’est l’ordre juridique international lui-même qui est mis en péril ».
En faisant cette annonce, le secrétaire d’Etat américain, Marco Rubio, a dénoncé « une cour supranationale corrompue et politisée à l’extrême, qui a abusé de son autorité de manière malveillante et outrepassé son mandat ». Il a promis que les citoyens américains « ne seront jamais déportés outre-mer pour y être jugés pour des délits imaginaires ». Les « délits » sur lesquels s’est jusqu’ici penchée la CPI sont des suspicions de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité, notamment des cas de tortures, commis par les forces américaines en Afghanistan et la CIA dans des prisons secrètes en Europe.
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