L’ambassadeur des Etats-Unis au Japon a affirmé, vendredi 14 août, reconnaître « la souveraineté » du Japon sur les îles Kouriles visitées par le président russe, Vladimir Poutine, jeudi et disputées avec le Japon.
« Les Etats-Unis conservent un soutien indéfectible au Japon, leur plus important allié, et reconnaissent sa souveraineté sur les territoires du Nord », a déclaré George Glass sur le réseau social X, en utilisant le nom japonais pour désigner les îles Kouriles. « Alors que le Japon et les États-Unis œuvrent ensemble, dans le cadre de leur alliance, à la promotion de la prospérité dans l’ensemble de la région indo-pacifique, nous nous opposons fermement à toute action susceptible de compromettre la paix et la stabilité dans la région », a-t-il ajouté.
La Russie et le Japon font assaut de critiques mutuelles après cette visite historique de Vladimir Poutine dans cet archipel au cœur d’un différend territorial entre les deux pays qui dure depuis la fin de la seconde guerre mondiale. Il s’agit de la première visite d’un président russe sur ce territoire depuis celle en 2010 de Dmitri Medvedev, qui avait alors été le premier dirigeant russe à s’y rendre, suscitant déjà la colère du Japon.
« Cette visite (…) heurte les sentiments du peuple japonais, elle est absolument inacceptable. (…) Nous protestons vigoureusement », a déclaré jeudi la première ministre japonaise Sanae Takaichi. De son côté, le ministre des affaires étrangères nippon, Toshimitsu Motegi, a convoqué l’ambassadeur de Russie au Japon, Nikolaï Nozdrev, pour lui faire part de ses « vives protestations ».
Aucun traité de paix entre le Japon et la Russie
La porte-parole de la diplomatie russe, Maria Zakharova, a rejeté des critiques « infondées » et dénoncé une « politique antirusse frôlant l’hostilité » de la part de Tokyo. « La souveraineté et la juridiction de la Russie sur ces îles ne font aucun doute », a-t-elle affirmé dans un communiqué. « Tokyo est à nouveau obsédé par des discours révisionnistes » et formule « des revendications absurdes à l’encontre de la Russie », a-t-elle encore dit.
Les relations russo-japonaises sont marquées par des tensions autour de quatre de ces îles dont s’est emparée l’armée soviétique en 1945, dans les derniers jours de la seconde guerre mondiale.
Depuis 1945, Tokyo invoque le traité de 1855 par lequel la Russie tsariste et le Japon ont fixé leur frontière, juste au-delà des quatre îles disputées. La Russie, quant à elle, se retranche derrière la conférence de Yalta de février 1945 au cours de laquelle les Alliés étaient convenus que les Kouriles seraient cédées à l’URSS en échange de son entrée en guerre contre le Japon. Ce contentieux empêche les deux pays de conclure un traité de paix officiel et donc de régler cette question.
Environ 20 000 citoyens russes vivent dans les Kouriles, un archipel au climat rigoureux mais qui possède des gisements d’or et d’argent ainsi que de riches zones de pêche et qui a acquis une importance stratégique au moment de la guerre froide.