Le Parlement algérien a approuvé, le 9 mars, la version amendée de la loi votée à l’unanimité, fin décembre 2025, à l’Assemblée populaire nationale, qui criminalise la colonisation française. Le texte qualifie désormais explicitement de « trahison » la prétendue « collaboration des harkis ».
Cette formulation marque un tournant préoccupant : c’est la première fois, depuis l’indépendance de l’Algérie en 1962, qu’une loi désigne explicitement les harkis comme groupe. Jusqu’ici, des dispositions visant implicitement ceux dont l’engagement durant la guerre d’indépendance avait été jugé « contraire aux intérêts de la patrie » existaient, mais le terme lui-même n’avait jamais été inscrit dans un texte législatif. Cette évolution marque ainsi une rupture symbolique et politique majeure.
Pourtant, la réalité juridique et politique algérienne comportait déjà plusieurs précédents. Le 5 avril 1999, sous l’impulsion de l’association des anciens moudjahidine, une loi prévoyait que « perdent leurs droits civiques et politiques (…) les personnes dont les positions pendant la révolution de libération nationale ont été contraires aux intérêts de la patrie ».
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