Les habitants de Guam et des Mariannes du Nord se préparent, dimanche 5 juillet, au passage du supertyphon Bavi, qualifié de « très dangereux » par les services météorologiques. Avec des vents de 260 kilomètres à l’heure (équivalents à un ouragan de catégorie 5) et des rafales pouvant atteindre 315 kilomètres à l’heure, Bavi devrait atteindre ces territoires américains du Pacifique tôt lundi.
Le Service météorologique national (NWS) des Etats-Unis a mis en garde contre l’arrivée de vents violents dès dimanche et d’éventuels dégâts « catastrophiques » à proximité du centre du phénomène météorologique. « Des inondations importantes provoquées par des pluies torrentielles et une submersion côtière sont attendues », a averti l’organisme de prévision, qui s’attend à des vagues pouvant atteindre 10,7 mètres, soit la hauteur d’un immeuble de dix étages, créant des conditions « extrêmement dangereuses » en mer.
Les îles Mariannes du Nord abritent environ 40 000 personnes et l’île voisine de Guam, un territoire américain distinct, environ 170 000 personnes. Ces territoires ont déjà été durement éprouvés en avril par le supertyphon Sinlaku, qui a privé des dizaines de milliers de personnes d’électricité, déraciné des arbres, renversé des voitures et arraché les toits en tôle de nombreux bâtiments.
Des centres d’évacuation ouverts
Des équipes de l’agence fédérale de gestion des urgences étaient à l’œuvre à Guam, où le centre de distribution était approvisionné avec 1,1 million de litres d’eau, quelque 1,2 million de repas, 6 700 lits de camp et 90 générateurs. Cinq centres d’évacuation ont ouvert leurs portes dans des écoles, pouvant accueillir 1 900 personnes, principalement celles vivant dans des habitations vulnérables.
Dès samedi, des files de voitures se sont formées devant les stations-service à Saipan, dans les îles Mariannes du Nord, où les habitants se pressaient dans les magasins de bricolage à la recherche de contreplaqué pour se barricader et dans les supermarchés pour se procurer nourriture et eau en bouteille.
L’Organisation météorologique mondiale a averti, vendredi, que le phénomène climatique El Niño, qui survient généralement tous les deux à sept ans et dure neuf à douze mois, avait déjà commencé dans le Pacifique tropical. Ce phénomène réchauffe les températures de l’eau dans le centre et l’est du Pacifique équatorial, modifiant à l’échelle mondiale les régimes de vents, de pression et de précipitations.