L’histoire va-t-elle encore se répéter ? En Chine, après la publication de premiers témoignages de rescapés, l’appareil de censure a rapidement censuré l’essentiel des commentaires en ligne cherchant des réponses sur les causes des coulées de boue dévastatrices du 26 août, qui ont pour l’instant fait 1 003 morts et 4 462 disparus. Et, notamment, sur l’opportunité de construire des infrastructures majeures dans des zones si reculées.

Car le poste-frontière de Gyirong, dont l’imposant bâtiment a été totalement submergé, s’est considérablement développé ces dix dernières années. Et pour cause, il fallait pallier la destruction d’un autre point de passage majeur entre le Tibet et le Népal, rappelle le site économique chinois Diyi Caijing :

“Il y a onze ans, la Chine perdait déjà son principal point d’accès au commerce [avec le Népal].”

En avril 2015, un violent tremblement de terre localisé dans la région de Katmandou avait aussi touché des zones tibétaines, détruisant les infrastructures du poste-frontière de Zhangmu qui “assurait historiquement près des trois quarts du commerce sino-népalais”. Après sa fermeture, c’est le poste-frontière de Gyirong, à 250 kilomètres plus à l’ouest, qui “a alors assumé le rôle crucial de principal point de passage terrestre entre la Chine et le Nép