Un orchestre gazé par la police, la mâchoire d’un lycéen fracturée, un autre jeune éborgné ou encore des mineurs placés en garde à vue : la liste dressée par le Hindustan Times est longue. Elle contraste avec les débuts bon enfant du mouvement de contestation en cours en France, marqué par des slogans caustiques, des mèmes irrévérencieux et des performances de rue.
La créativité et “l’esprit rebelle” de la génération Z française se sont pourtant, souligne le quotidien indien, heurtés à une répression menée par “l’un des arsenaux de maintien de l’ordre les plus lourdement armés d’Europe”.
C’est précisément cette disproportion face à une mobilisation d’abord présentée comme relativement inoffensive qui interpelle le journal. Là où certains ne perçoivent que le chaos et les destructions, le Hindustan Times invite à voir ce qui se joue derrière : “la dépossession et la violence d’État”.
Ostracisation des descendants d’immigrés
Pour le quotidien de New Delhi, cette réponse s’inscrit bel et bien dans une “logique de répression coloniale qui persiste dans la culture française dominante”. À ses yeux, l’image “glamour” de la France éclipserait le racisme profondément enraciné subi chaque jour par les personnes de couleur avec des “contrôles policiers racistes, des violences policières et une profonde privation des droits”.
Notre newsletter consacrée à ce que la presse étrangère écrit de meilleur et de pire sur l’Hexagone
Cette newsletter est réservée à nos abonnés
Je m’abonneUn racisme assumé, selon le Hindustan Times, au point que le temps d’antenne serait désormais monopolisé par des intervenants d’extrême droite tandis que les médias encenseraient la police, tout en ignorant les revendications étudiantes.
Cette ostracisation d’une partie de la jeunesse des quartiers populaires, régulièrement qualifiée de “racaille” et accusée d’être “antifrançaise”, ne serait toutefois pas nouvelle. Le Hindustan Times rappelle ainsi le massacre, le 17 octobre 1961, de dizaines d’Algériens qui s’opposaient pacifiquement à un couvre-feu discriminatoire à Paris.
Dans ce prolongement, les immigrés et leurs descendants continuent d’être pointés du doigt comme responsables de nombreux maux, alors même que “la France a été construite sur le travail des peuples colonisés et dépend toujours des travailleurs racisés et de l’exploitation des ressources du Sud global à travers des structures néocoloniales”, dénonce le quotidien.
Pour le Hindustan Times, ces manifestations étudiantes expriment une prise de conscience plus large face à une “polycrise” mondiale, à même de constituer, à six mois de l’élection présidentielle, “un rempart contre le basculement de la France dans un enfer d’extrême droite”.
Commentaires (0)
Laisser un commentaire
Aucun commentaire. Soyez le premier !