Il arrive que certains articles fassent date, bien malgré eux. Celui qu’une équipe d’ornithologues américains a consacré, le 8 avril, dans la revue The American Naturalist, au vol chez les guêpiers d’Hawaï est de ceux-là. D’abord parce que les drépanidinés, ce groupe d’oiseaux éblouissants, endémiques de l’archipel du Pacifique, ne font désormais parler d’eux que pour déplorer le sort funeste qui leur est promis. Chassés par les autochtones dès le Xe siècle, décimés par l’arrivée des Européens à la fin du XVIIIe siècle, les honeycreepers – leur nom commun américain – vivent désormais réfugiés sur les hauteurs de ce chapelet d’îles volcaniques, là où les moustiques porteurs du paludisme aviaire ne peuvent encore les atteindre. Le territoire se rétrécit chaque année, à mesure que montent les températures. Sur les 70 espèces autrefois existantes, il en reste 21, dont onze en danger d’extinction.
Ensuite, parce que le vol ici observé n’a rien à voir avec le mode de déplacement habituel de l’oiseau. C’est au chapardage de matériel de construction du nid qu’Erin et David Rankin et leurs collègues de l’université de Californie à Riverside se sont intéressés, autrement dit au « kleptoparasitisme ». Ce phénomène, le couple de chercheurs l’a découvert par hasard. Ils étudiaient les conséquences de l’exclusion locale des rats sur le succès reproductif des volatiles lorsqu’ils ont observé un premier oiseau, puis un second dérober des brindilles dans le nid d’un voisin.
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