Sur la plage de Cancun, dans la très touristique péninsule du Yucatan, au Mexique, la rangée de chaises longues n’est plus au bord de l’eau, mais plusieurs mètres en arrière. La raison ? Eviter aux touristes la vision et l’odeur nauséabonde des sargasses, ces algues brunes qui envahissent à partir d’avril le littoral caribéen, ruinent sa réputation de paradis, érodent sa côte, augmentent la mortalité des herbiers marins, étouffent les mangroves et affectent toute la faune marine.
Fin juillet, la présidente, Claudia Sheinbaum, s’est rendue sur place pour évaluer la stratégie de lutte contre ces algues, dont les volumes échoués ont quadruplé sur les premiers mois de 2026 par rapport à 2025, selon le ministère de l’environnement. Cancun compte une particularité unique au Mexique : son bureau du renseignement militaire abrite depuis août 2025 un centre de surveillance scientifique. « Ici, c’est le cœur de la lutte contre les sargasses, où toute la stratégie est décidée », explique Esteban Amaro, en montrant les nombreux écrans qui occupent une vaste salle.
Face à cet hydrobiologiste, un moniteur affiche les images par satellite du système Copernicus, fournies par l’Agence spatiale européenne ; dans son dos, un écran géant réservé aux 180 caméras installées sur les plages ; et, au milieu de la salle, une plateforme dénommée Kinich Ka’an, qui signifie « l’œil du ciel » en langue maya. Ce système de surveillance regroupe toute l’information climatique, géographique, atmosphérique et océanographique sur les sargasses.
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