“Ce que nous voulons, c’est protéger les travailleurs dans leur vie quotidienne, traduire les données scientifiques en solutions concrètes.” C’est avec ces paroles, confiées au média bruxellois EU Observer, que Marouane Laabbas-el-Guennouni, chercheur à l’Institut syndical européen (Etui), a présenté le rapport qu’il a codirigé. Celui-ci rassemble des propositions défendues par la Confédération européenne des syndicats (CES, dont dépend l’Etui) qui poursuivent un même objectif : prémunir les travailleurs du Vieux Continent des fortes chaleurs.

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Le texte en question a été publié le jeudi 25 juin, et prend la forme d’un “long rapport sur l’importance croissante du stress causé par la chaleur liée au changement climatique”, rapporte Il Sole-24 Ore. Comme l’explique le quotidien italien, l’Etui demande donc à la Commission européenne “de préparer une directive consacrée à la protection des travailleurs face à la chaleur excessive”.

Enjeux sanitaires mais aussi économiques

Parmi les propositions, la plus médiatisée est sans doute celle mise en avant par Esther Lynch, secrétaire générale de la CES, qui a cité en exemple les “pauses fraîcheur” instaurées lors de la Coupe du monde de football. Sur son site, l’organisation syndicale appelle à considérer ce dispositif comme un “point de départ pour, en collaboration avec les syndicats, garantir à tous les travailleurs le droit à des pauses sans perte de salaire – ainsi qu’à de l’eau, de l’ombre et des toilettes”.

Plus globalement, la CES rappelle que, au-delà des mesures nationales, il n’existe pas de texte spécifique européen sur la protection des travailleurs face aux canicules. Un manque que la confédération voudrait combler à travers une directive qui permette d’enclencher “des actions ciblées dès que le thermomètre à globe mouillé dépasse un certain seuil, en suivant un indice climatique qui permet de mesurer le stress thermique subi par le corps”, note le quotidien économique.

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Alors que l’OMS estime que la canicule a déjà causé la mort de plus de 1 300 personnes en Europe depuis le 21 juin – plus de 1 000 en France depuis le 24, selon les autorités –, la question est d’ordre sanitaire mais aussi économique, assure Il Sole-24 Ore. Comme l’observe le média milanais, “selon les chercheurs du centre d’études Etui, la chaleur entraîne une baisse marquée de la productivité : de 20 % en Europe du Sud, de 10 à 15 % en Europe centrale et de 3 à 9 % dans de nombreuses régions d’Europe du Nord, ce qui pourrait causer des pertes économiques à hauteur de 26,1 milliards d’euros par jour en 2060”. Des prévisions qui pourraient convaincre la Commission européenne d’agir sur le sujet.