Les longues périodes en mer sont “singulièrement éprouvantes et rudes”, a reconnu le 16 août le commandant des forces armées des États-Unis au Moyen-Orient. L’amiral Brad Cooper a néanmoins vanté la “résilience” de l’équipage du porte-avions Abraham Lincoln, sur lequel il s’est rendu à la suite de révélations inquiétantes sur “des pénuries de nourriture et d’approvisionnements, de l’eau contaminée, des problèmes avec les toilettes, un moral en berne et des tentatives de suicide sur le bateau”, résume The Washington Post.

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Deux marins du navire, déployé depuis deux cent cinquante jours dans le cadre des tensions avec l’Iran, ont voulu se jeter par-dessus bord, a rapporté le média spécialisé Military Times, le 12 août. Des sénateurs démocrates ont sonné l’alarme dans une lettre au ministre de la Défense, Pete Hegseth, ainsi qu’à Hung Cao, chargé de la marine de guerre (U.S. Navy). Hegseth a néanmoins assuré que la situation était “complètement déformée” et le président Trump, lorsqu’on lui a demandé si les déploiements des porte-avions étaient trop longs, a répondu : “Non, non, non, c’est loin d’être assez long.”

Des déploiements à rallonge

Certes, pour le conservateur Wall Street Journal, “les témoignages individuels doivent être pris avec des pincettes dans un équipage de quelque 5 000 membres”. Reste que les déploiements à rallonge se sont multipliés ces dernières années, bien au-delà des six à sept mois de rotation prévus en principe. Le Gerald Ford a même battu un record depuis la guerre du Vietnam, plus tôt cette année, avec trois cent vingt-six jours de déploiement, d’abord sur le théâtre vénézuélien puis au Moyen-Orient. Ses déboires avaient déjà défrayé la chronique, notamment un incendie dans la buanderie et des toilettes hors service (même si, note le Wall Street Journal, ce problème était en fait marginal selon la Navy).

“Le problème de fond, explique l’éditorial du journal, c’est que les États-Unis consomment leurs forces navales plus vite qu’ils ne les renouvellent ; et cette spirale négative en matière de moyens disponibles précédait le gouvernement Trump.”

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D’après The New York Times, les problèmes plus récents du porte-avions Lincoln sont aussi liés à une attaque de l’Iran au début de la guerre sur une base de la Navy à Bahreïn. Téhéran a détruit une bonne partie de ce “nœud logistique majeur” servant à l’approvisionnement mais aussi au repos de l’équipage.

Les dirigeants des États-Unis assurent désormais que ce navire rentrera bientôt, le porte-avions George Washington faisant route depuis le Pacifique pour le remplacer. L’équipage du Lincoln “peut enfin respirer un peu mieux”, écrit un chroniqueur du Washington Post.