L’AVIS DU « MONDE » – À VOIR
A côté d’un cinéma d’auteur d’autant mieux répertorié qu’il semble se réduire, eu égard au durcissement politique du pouvoir, à peau de chagrin, les grands succès populaires chinois sont une autre manière de pénétrer les mystères de cette société. Relayés de loin en loin en France, on en découvre, au gré du courant, telle ou telle facette, dont on a lieu de supposer que les distributeurs s’assurent de leur compatibilité avec la sensibilité du public occidental.
On a ainsi pu voir, coup sur coup, en avril 2025, Her Story (2024), de la jeune Yihui Shao, comédie sentimentale urbaine et féministe, d’inspiration hollywoodienne, qui avait emporté en Chine l’adhésion de 17 millions de spectateurs, puis le deuxième volume du dessin animé fantastique de Yu Yang, Ne Zha (2025), narrant les aventures d’un adolescent androgyne, qui a fait exploser le box-office chinois avec 323 millions d’entrées.
C’est aux antipodes de ces deux genres que se situe Lettres d’amour de ma grand-mère, le troisième long-métrage de Hongchun Lan, réalisateur que l’on découvre en France à l’occasion de ce mélodrame fermement ancré dans les valeurs traditionnelles chinoises. Le film ramasse quatre décennies, voyant partir en Thaïlande le jeune Hiou-ui (Zheng Runqi), endetté jusqu’au cou, où son grand-père, qui a laissé sa famille sans nouvelles depuis quarante ans, aurait apparemment fait fortune. Ye Sogriu (Wu Shaoqing), sa femme, vieille dame digne qui a élevé ses enfants sans lui et ne veut plus en entendre parler, désapprouve ce voyage.
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