La forêt amazonienne et tous les êtres qui la peuplent ont sans doute poussé un soupir de soulagement après la réélection inattendue de Luiz Inácio Lula da Silva à la présidence du Brésil, le 25 octobre. Car la victoire de son opposant, le sénateur d’extrême droite Flávio Bolsonaro, climatonégationniste, partisan de la déréglementation environnementale, soupçonné de corruption et désormais en fuite à l’étranger, aurait ouvert les vannes du défrichement déjà favorisé par son père. Sous la présidence de Jair Bolsonaro, de 2019 à 2022, la déforestation avait progressé de 73 %.

Si Bolsonaro junior l’avait emporté, “la forêt en tant que telle [aurait] très probablement disparu et [n’aurait] plus assuré son rôle de régulation du climat et d’absorption du CO2, l’un des gaz à l’origine du réchauffement de la planète”, selon la plateforme de journalisme environnemental Sumaúma, installée à Altamira, au cœur de l’Amazonie brésilienne.

Désormais, “le président Lula a quatre années de plus pour sauver l’Amazonie [et] poursuivre son excellente politique de protection”, se félicite le célèbre climatologue brésilien Carlos Nobre, cité par The New York Times. De fait, Lula, qui a promis, il y a quatre ans, de mettre fin à la déforestation dans son pays d’ici à 2030, présente déjà un bilan honorable : sous son mandat, la déforestation a diminué de 71 % en Amazonie et de 48 % dans le Cerrado, la savane qui la borde au sud. Du jamais-vu depuis le début des relevés officiels, en 1988.

Mais l’engagement – réel – du président en faveur du climat, symboliquement marqué par l’organisation, en 2025, de la COP30 à Belém, sur l’estuaire de l’Amazone, n’est pas sans ambiguïté. Certes, son gouvernement souhaite développer les énergies renouvelables, mais il ne renonce pas aux énergies fossiles, dont le Brésil est un gros producteur. Au nom du développement économique, il est prévu que “la compagnie pétrolière publique, Petrobras, intensifie ses activités d’exploration terrestre et offshore, développe ses capacités de raffinage et investisse dans la logistique du gaz naturel liquéfié”, écrit Bloomberg.

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