Ne surtout pas laisser l’inflation ressortir de sa boîte. En augmentant ses taux d’intérêt de 2 % à 2,25 % jeudi 11 juin, la Banque centrale européenne (BCE) cherche à enrayer tout risque d’une nouvelle envolée des prix, ayant encore en mémoire le traumatisme de l’inflation qui avait dépassé 10 % en 2022. « Le principal risque serait de ne pas prendre ce genre de décision [d’augmenter les taux], a expliqué Christine Lagarde, sa présidente. Si on laissait l’inflation hors de contrôle, ce serait beaucoup plus difficile de la ramener ensuite [à la cible officielle de 2 % par an]. »
Mme Lagarde se savait attendue au tournant. Depuis des semaines, de nombreux économistes critiquaient ce durcissement attendu de la politique monétaire, alors que le conflit au Moyen-Orient provoque un ralentissement de la croissance. « Il y a une possibilité loin d’être négligeable que cette hausse anticipée des taux soit une erreur », avertissait David Marsh, le président de l’OMFIF, un groupe de réflexion consacré aux banques centrales. « C’est la dernière chose dont l’Europe ait besoin », ajoutait Frederik Ducrozet, directeur de la recherche économique de Pictet Wealth Management, une banque privée.
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