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« Mieux organiser la prise en charge des traumatismes graves permet de maximiser les chances de survie des victimes »

Dans une tribune au « Monde », des médecins et des patients appellent à une « initiative nationale » pour réduire les inégalités d’accès aux soins selon les régions.

« Mieux organiser la prise en charge des traumatismes graves permet de maximiser les chances de survie des victimes »
HaitiCreoleRadio.com

C’est d’abord la chute à vélo d’une jeune retraitée sportive : traumatisme crânien sévère, long séjour en réanimation puis en rééducation, séquelles irréversibles et impossibilité de reprendre sa vie comme avant.

C’est ensuite l’agression d’un jeune homme à la sortie d’une soirée : opéré en urgence. Victime de stress post-traumatique, il ne parvient plus à suivre ses cours et doit retourner vivre chez ses parents.

C’est enfin la chute d’un ouvrier en bâtiment depuis un échafaudage : fractures complexes du bassin, hémorragie engageant le pronostic vital, opération en urgence. Cet accident du travail interrompt brutalement sa vie professionnelle, avant une longue rééducation et une reconversion.

Le point commun entre ces destins : le traumatisme grave, autrement dit la survenue d’une ou plusieurs blessures mettant en jeu le pronostic vital ou fonctionnel, qui bouleverse l’existence d’un individu en quelques minutes à peine.

Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), les traumatismes graves figurent parmi les trois premières causes de mortalité et de handicap dans le monde, tous âges confondus et quel que soit le niveau de richesse des pays. Ils constituent donc un défi majeur de santé publique.

Ces traumatismes ont une double particularité : ils frappent le plus souvent des personnes jeunes et jusque-là en bonne santé ; et, lorsqu’ils ne tuent pas, ils laissent des vies durablement transformées.

Une « maladie négligée »

Ces vies sont d’abord transformées par le handicap. En France, selon l’OMS, les traumatismes graves étaient responsables en 2023 de deux fois plus d’années vécues avec incapacité que les maladies cardiovasculaires et cinq fois plus que les cancers.

Transformées aussi par les conséquences psychologiques majeures, pour les patients comme pour leurs proches. Anxiété, dépression, stress post-traumatique : ces troubles dépassent largement le temps de l’hospitalisation. Le traumatisme grave devient un facteur de désinsertion sociale et professionnelle, qui peut fragiliser toute une famille et nourrit d’importantes inégalités sociales.

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