L’écart est vertigineux entre deux scènes, pourtant voisines de quelques kilomètres. Jeudi 30 juillet, des milliers de candidats à l’exil convergeaient vers l’enclave espagnole de Ceuta, environ 60 000 d’entre eux parvenant à rejoindre, à pied ou par la mer, ce morceau d’Europe situé à l’extrémité nord du Maroc. Au même moment, la nomenklatura du royaume et une foule de dignitaires étrangers affluaient à M’diq, une station balnéaire prisée, au bord de la Méditerranée, pour fêter les vingt-sept ans de règne de Mohammed VI.
Des anonymes de tout le pays prenaient le chemin de l’Espagne, en tongs et en shorts, pendant que le président de la FIFA, Gianni Infantino, convié à la cérémonie, vantait le prochain Mondial, que le Maroc coorganisera en 2030 : « Ce sera la meilleure Coupe du monde, car elle se jouera dans le plus beau pays du monde », a-t-il fait valoir.
Mais la réalité a fini par rattraper la monarchie marocaine et sa célébration annuelle – la Fête du trône –, sans que ni le palais royal ni le gouvernement ne réagissent officiellement. Vendredi, les conseillers du monarque, ses ministres, l’armée et les représentants de toutes les régions du royaume ont prêté allégeance à Mohammed VI, comme si de rien n’était. Autour de Ceuta, le décompte de ceux qui sont morts en mer ne cesse pourtant d’augmenter, le nombre de noyés atteignant au moins 34, selon un dernier bilan des autorités locales, samedi.
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