« Elle est noire sur le vieux mur,/ Aux rameaux du chêne elle est grise,/ Et verte au bord du ruisseau pur,/ La mousse. » Les Bryophyta que chante Maurice Rollinat (Les Névroses, 1883) ont, de fait, d’étonnantes capacités de coloniser des milieux variés. Affectionnant surtout les milieux humides – sous-bois, troncs vivants ou morts, rochers, murs et toitures, excréments animaux… –, elles peuvent néanmoins s’immiscer dans les milieux extrêmes, polaires ou désertiques.
Ce sont des plantes pionnières, descendantes des algues vertes, qui se sont aventurées à la conquête des terres émergées, il y a environ 470 millions d’années.
Leur fonctionnement ne cesse d’intriguer. Elles ne portent ni feuilles, ni tiges, ni racines. Tout juste émettent-elles de fins filaments, les rhizoïdes, qui les aident à s’ancrer sur un support. Une architecture simple, mais au final très efficace : elles n’ont pas eu à subir de pressions environnementales majeures leur imposant des adaptations. Et n’ont donc pas connu de transformations spectaculaires, au fil de l’évolution, à la différence des plantes à fleurs.
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