“Qu’importe la corruption”, titre Mother Jones en une de son numéro daté d’août. Le magazine parodie la célèbre pochette de l’album Nevermind de Nirvana avec en bébé le “fils à papa” Jared Kushner qui “vend l’Amérique au diable”.
Le titre de gauche brosse un portrait au vitriol du gendre et émissaire de Donald Trump, en investisseur médiocre qui a décidé de miser sans vergogne sur sa proximité avec le président des États-Unis pour obtenir des fonds de divers autocrates, dans le Golfe notamment.
Ce long article s’ouvre ainsi sur son argumentaire de vente “risible” tant il était “vide de contenu” en faveur du fonds Affinity Partners, qu’il a fondé en 2021. Son principal argument – la biographie de Kushner – a pourtant suffi à l’époque à convaincre le prince héritier saoudien, Mohammed ben Salmane, d’y injecter 2 milliards de dollars (1,7 milliards d’euros), afin de pouvoir compter, si Trump revenait au pouvoir, sur “un partenaire américain dont il pourrait faire ce qu’il voudrait”.
Les Émirats arabes unis et le Qatar ont eux aussi investi dans ce fonds qui a fini par gérer plus de 6 milliards de dollars (5,2 milliards d’euros) d’avoirs, généralement étrangers, selon Mother Jones.
Relais privilégié
Celui que Trump a nommé “émissaire spécial pour la paix”, en première ligne dans les pourparlers diplomatiques visant à résoudre les conflits en Ukraine, à Gaza et en Iran, est ainsi devenu un relais d’influence privilégié de nombreux dirigeants étrangers, selon le magazine californien – qu’ils soient arabes, russes ou israéliens. Avec, souvent, des affaires à la clé.
Dès le premier mandat de Trump, la famille Kushner avait conclu un bail suspect avec une entreprise comptant un important actionnaire qatari, qui avait permis d’éponger un mauvais investissement immobilier fait par Jared Kushner en 2007. Une rentrée d’argent providentielle obtenue dans une période de forte pression diplomatique sur le Qatar, souligne Mother Jones.
“Les liens étroits de Jared Kushner avec des despotes étrangers constituent une violation hors du commun des normes éthiques”, écrit le bimestriel. “Pour lui, rien de tout cela ne semble avoir d’importance. Lui et ses associés parcourent le monde et remplissent joyeusement les caisses en cultivant des relations avec des régimes sordides et kleptocratiques, dans le seul but de faire du fric. Le monde brûle, et Jared Kushner s’enrichit.”
Trump, ce président qui s’enrichit avec une impudence inouïe
Commentaires (0)
Laisser un commentaire
Aucun commentaire. Soyez le premier !