Il était une fois deux empereurs. L’un régnait sur la Chine, l’autre sur la Russie. Tous deux se promenaient dans la Cité interdite, le long d’un tapis rouge brodé d’or, suivis par un joyeux cortège à une distance respectueuse. Ils avaient chacun 72 ans, soit approximativement l’âge moyen auquel leurs sujets rendaient leur dernier souffle. Bien qu’ils ne parlent pas la même langue, leur conversation allait bon train grâce à la présence de leurs interprètes. Ce jour-là, les deux souverains évoquaient la possibilité de déjouer la mort.
À un moment donné, l’empereur chinois fit remarquer : “Autrefois, les gens vivaient rarement au-delà de 70 ans, mais aujourd’hui, à 70 ans, on est encore un enfant.” Ces paroles éveillèrent l’intérêt de son homologue russe, qui suggéra qu’il était désormais possible, avec les progrès de la médecine, de remplacer le cœur d’un homme vieillissant par un organe neuf. Malgré son grand âge, de telles procédures feraient rajeunir le patient de plus en plus et pourraient même lui permettre d’échapper complètement à la mort.
Éradiquer la mort pour de bon
Soudain, l’échange prend brusquement fin, telles les tablettes d’argile fragmentaires sur lesquelles est gravée la légendaire Épopée de Gilgamesh en Mésopotamie. Cette fin abrupte ne fait que renforcer l’étr
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