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« Nous pouvons mettre un terme aux maladies raciales d’origine génétique des chiens et des chats »

Dans une tribune au « Monde », plus de 135 vétérinaires appellent à interdire la sélection génétique des animaux de compagnie. Ils s’indignent des souffrances causées par cette pratique dont l’objectif est de répondre à des effets de mode.

« Nous pouvons mettre un terme aux maladies raciales d’origine génétique des chiens et des chats »
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Nous ne pouvons plus accepter que des chiens et des chats naissent avec des prédispositions pathologiques majeures. Chaque jour, nous prenons en charge des chiens et des chats dont la vie est rythmée par la douleur. Des bouledogues qui luttent pour respirer au moindre effort et s’effondrent lors d’un coup de chaleur. Des jeunes chats atteints de cardiomyopathie hypertrophique qui développent un œdème pulmonaire ou meurent brutalement, parfois avant l’âge de 3 ans. Ces situations ne relèvent ni du hasard ni d’une fatalité biologique : elles résultent de pressions de sélection exercées par l’humain.

Nous refusons que ces souffrances soient normalisées. Brachycéphalie (face plate), membres raccourcis, plis cutanés excessifs ou nanisme marqué : en France, des centaines de milliers d’animaux sont concernés par des maladies héréditaires, qui résultent souvent de la sélection de caractéristiques morphologiques extrêmes pour répondre aux effets de mode et à la recherche d’animaux perçus comme rares, originaux ou particulièrement « mignons ».

Les conséquences sont dramatiques. Difficultés respiratoires, douleurs articulaires chroniques, paralysies ou insuffisances cardiaques. Ces pathologies ne sont pas des complications, elles sont la conséquence du phénotype sélectionné.

Les conséquences humaines sont tout aussi réelles. De nombreux propriétaires découvrent trop tard la gravité des atteintes qui touchent leur animal. Voir son compagnon subir des interventions répétées ou mourir prématurément est une épreuve émotionnelle considérable.

Profond malaise éthique

En tant que professionnels de la santé animale, nous sommes confrontés à une situation de profond malaise éthique. Notre mission est de prévenir la souffrance et de protéger le vivant. Or, dans l’exercice quotidien de nos responsabilités, nous sommes confrontés à des maladies dont l’origine réside dans une sélection délibérée. Cette hérésie engendre une détresse morale, un épuisement professionnel et une perte de sens.

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