A travers le monde, plus de 230 millions de femmes et de filles ont subi et survécu à l’excision selon un rapport de l’Unicef publiée en 2024. Ces dernières années la pratique a légèrement reculé en Afrique, continent le plus touché. Mais ces progrès sont menacés par le retour de discours publics prônant l’excision. Une résurgence que la politologue Ornella Moderan, directrice régionale pour l’Afrique de l’Ouest, le Sahel et l’Afrique centrale auprès de l’Institut des études de sécurité (ISS), explique par un recul mondial des droits des femmes, menacés dans de nombreux pays, et la « montée globale des masculinités agressives », du Sahel aux Etats-Unis.
En août, les réseaux sociaux maliens ont été inondés de visuels générés par intelligence artificielle prônant l’excision. Pourtant, la pratique, largement soutenue par les forces conservatrices et les Maliens selon les enquêtes d’opinion, est loin d’être menacée d’interdiction. Quel était le but des instigateurs de cette campagne selon vous ?
Il y a en effet une forme de paradoxe. Au Mali, près de neuf femmes sur dix ont été excisées et ce chiffre recule très lentement. Mais la pratique et le consensus qui la soutient sont deux choses différentes. Et le consensus, lui, montre des signes d’effritement. De plus en plus de femmes s’expriment, au moins en privé. Certaines évoquent ouvertement sur les réseaux ce qui relevait, il n’y a pas si longtemps, de l’indicible. Des médecins prennent publiquement la parole.
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