Deux ans après son accession au pouvoir, en 2024, le tandem à la tête du Sénégal s’est déchiré. Le premier ministre, Ousmane Sonko, a été limogé, le 22 mai, par le président, Bassirou Diomaye Faye. Le compagnonnage des deux hommes, qui ont combattu ensemble dans l’opposition durant une décennie avec leur parti, les Patriotes africains du Sénégal pour le travail, l’éthique et la fraternité (Pastef), avant de parvenir à diriger le pays, n’a pas résisté à l’exercice du pouvoir. Sur plusieurs dossiers brûlants, leurs divergences étaient trop profondes.
Fort de sa popularité et de son aura, Ousmane Sonko n’a pas pour autant renoncé à peser sur la vie politique du pays : il s’est aussitôt fait élire à la tête de l’Assemblée nationale. Dans une interview au Monde, réalisée dans le bâtiment de la place Soweto, à Dakar, il revient sur cette rupture politique et sur les polémiques qui l’ont précédée.
Le 22 mai, Bassirou Diomaye Faye vous a limogé de votre poste de premier ministre. Vous considérez-vous désormais comme le premier opposant du Sénégal ?
Je ne suis pas dans l’opposition, je l’ai dit, je ne jouerai pas à bloquer les institutions. Mais j’occupe un poste de pouvoir et, en tant que nouveau président de l’Assemblée nationale, je souhaite que cet hémicycle use de ses prérogatives et prenne des initiatives.
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