Des milliers d’Américains renoncent à leur citoyenneté, constate le magazine Newsweek. Selon une analyse du Federal Register, journal officiel quotidien du gouvernement fédéral des États-Unis, 5 790 personnes ont renoncé à leur citoyenneté américaine ou mis fin à leur statut de résident permanent de longue durée (green card) au cours des quatre derniers trimestres, un record depuis 2020. En outre, “les données annuelles montrent qu’au cours de la dernière décennie le nombre d’Américains quittant définitivement le pays a considérablement augmenté”. Selon Peter Spiro, professeur titulaire de la chaire de droit international à l’université Temple, “pour certains, il ne s’agit que d’impôts. Pour d’autres, il y a aussi le sentiment que l’avenir de l’Amérique est de plus en plus problématique. Face à une turbulence politique croissante, l’attachement sentimental aux États-Unis s’amenuise.”
Les spécialistes attribuent tout de même cette hausse au poids des obligations fiscales, notamment depuis l’adoption par le Congrès de la loi Fatca (Foreign Account Tax Compliance Act), en 2010, qui contraint de nombreux Américains expatriés à payer des impôts à la fois aux États-Unis et dans leur pays de résidence. Alexander Marino, dirigeant dans l’agence de notation Moody’s, résume ainsi la situation :
“Où que vous alliez, chaque euro, livre, peso que vous gagnez est soumis à l’impôt américain, de votre vivant comme après votre mort. Et lorsque vous vivez dans un pays à faible imposition comme les Émirats arabes unis, être imposé par les États-Unis n’est jamais agréable. Et lorsque vous vivez dans un pays à forte imposition comme le Royaume-Uni, se faire doublement taxer n’est jamais agréable non plus.”
Le calcul est alors vite fait, et, si tant est qu’on possède un autre passeport “fort”, comme les passeports européens, la citoyenneté américaine ne pèse pas lourd dans la balance.
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