Dans une lettre à la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, rendue publique mardi 22 septembre, Emmanuel Macron a demandé plusieurs assouplissements des normes européennes sur la qualité et l’empreinte environnementale des carburants, afin de « renforcer » les « capacités d’import et de production à court terme » de pétrole et de gaz.
Prenant acte de « la forte dépendance européenne aux importations en provenance du Moyen-Orient, en particulier en ce qui concerne nos importations de kérosène (36 %) et de gazole (18 %) », le président français entend attirer l’attention de la Commission européenne « sur plusieurs points », écrit-il dans une initiative personnelle, selon l’Elysée.
Il demande d’abord un « assouplissement des spécifications européennes relatives à la qualité des carburants », comme notamment la « masse volumique », la « densité », la « désulfurisation ». Cette mesure permettrait, selon M. Macron, « des gains de production notables », de l’ordre selon lui de « 5 à 20 % ». Il rappelle qu’un tel assouplissement avait été accepté par la Commission lors de la pandémie du Covid-19.
Le président de la République suggère également un « assouplissement des limites d’incorporation de biocarburants », en particulier dans le gazole, afin de gagner quelques points de pourcentage de carburant non fossile par litre. Cela permettrait, selon lui, de dégager « des marges supplémentaires pour l’approvisionnement ».
Quelques dizaines de milliers de barils par jour
Tout en insistant sur une « accélération européenne sur les efforts d’électrification », il demande également un report d’un an du règlement sur les émissions de méthane, un gaz extrêmement polluant.
En vertu de cette législation adoptée par l’Union européenne (UE) en 2024, les importateurs de gaz, de pétrole, mais aussi de charbon dans l’UE doivent surveiller et déclarer à partir de janvier 2027 les émissions de méthane associées à leurs approvisionnements, afin de limiter les fuites de ce gaz à effet de serre.
La Commission européenne a déjà acté en juillet un report de trois ans des amendes auxquelles s’exposaient les entreprises d’hydrocarbures en cas de non-respect de ce règlement. Ces mesures d’urgence, réclamées par la France en raison de l’explosion des prix à la pompe liée à la guerre au Moyen-Orient, ne doivent pas interférer avec les actions de long terme comme l’électrification ou la diversification des approvisionnements, a-t-on précisé à l’Elysée.
Au total, ces mesures pourraient dégager quelques dizaines de milliers de barils par jour, selon l’Elysée, très loin de la consommation moyenne d’environ 1,5 million par jour en France. Le prix du gazole évoluait toujours, lundi, autour de 2,41 euros le litre en moyenne en France, selon une analyse de l’Agence France-Presse des données publiques. Ceux de l’essence SP98, à 2,28 euros, et SP95, à 2,22 euros.