J’ai toujours été d’avis qu’une météo caniculaire était un temps à rencard. Non pas que les rencontres amoureuses soient uniquement possibles quand il fait chaud ou que l’humeur soit plus propice à l’amour quand les températures grimpent (ce serait plutôt l’inverse), mais quand j’étais jeune et célibataire, j’étais vraiment sur la paille. Comme l’a observé George Orwell dans Et vive l’Aspidistra ! avec une réplique si affûtée que Nancy Mitford la lui a ensuite piquée : “Il n’est pas facile de faire l’amour dans un climat froid quand on n’a pas d’argent.” Pour un rendez-vous d’hiver, il faut un restaurant, un cinéma ou tout du moins un quelconque lieu chauffé. Et ça, ce n’est pas gratuit. Les rendez-vous d’été, c’est aussi simple qu’une balade au parc.

Aujourd’hui, je suis vieux et célibataire, et je suis pauvre en liquidités, du moins jusqu’à la vente des biens acquis pendant mon mariage. (L’agent immobilier de mon ex-femme affirme que la belle saison est un temps à acheter une maison, mais je n’en ai pas encore vu la preuve.) Et c’est donc pour moi le retour des rencards pendant trois mois de l’année, durée maximale de la météo propice à l’amour dans un climat froid. Il y a quelques années, j’ai invité une femme à pique-niquer pour un premier rendez-vous à Hyde Park en septembr