Réserve potentielle de minerais utiles à nos vies modernes, et en particulier à la fabrication de batteries, la zone de Clarion-Clipperton (ZCC), dans le Pacifique, attire les convoitises. À 6 000 mètres de profondeur, des milliers de nodules polymétalliques riches en nickel, cobalt ou manganèse tapissent le fond de l’océan.

“Aucune activité minière commerciale n’a encore été entreprise dans cette plaine abyssale, mais l’Autorité internationale de fonds marins a délivré 17 contrats d’exploration dans cette zone, dont cinq attribués à la Chine”, rappelle le quotidien de Hong Kong South China Morning Post. Car on en sait bien peu sur ces grands fonds marins, et en particulier sur la vie qui y règne.

Une étude parue le 29 septembre dans Nature Communications les met sous le feu des projecteurs. L’examen de sédiments prélevés dans la ZCC a permis d’identifier 11 742 virus différents, dont 99 % n’avaient jamais été observés jusque-là.

L’activité humaine menace ces virus

“Les virus sont des composants sous-estimés des écosystèmes. La question de savoir si on peut les qualifier de ‘vivants’ reste ouverte, mais leur capacité à influencer la vie sur Terre est indéniable”, souligne Science Alert. L’étude suggère que ces virus jouent un rôle important dans les processus biogéochimiques à l’œuvre au sein des champs de nodules polymétalliques des sédiments.

“Dans l’ensemble, ces virus ne présentent pas de danger pour les humains, ils ne peuvent cibler et détruire que des bactéries. De fait, c’est plutôt l’activité humaine qui menace ces virus que l’inverse”, insiste le South China Morning Post.

Cette découverte vient s’ajouter à celle de 2023, qui avait mis au jour plus de 5 000 espèces animales, dans la même zone, inconnues jusque-là. Ensemble, ces travaux soulèvent des questions quant à la pertinence d’aller prélever des minerais à des kilomètres sous la surface de l’océan, au risque de perturber durablement des environnements sur lesquels on en sait si peu.

Pour le Sri Lanka Guardian, “ces découvertes laissent penser que la valeur de la zone de Clarion-Clipperton ne peut se limiter à celle des métaux présents dans les fonds marins. Ses ressources biologiques, dont beaucoup sont encore mal connues, pourraient aussi être affectées si l’exploitation minière commençait avant que les scientifiques n’aient pu analyser le fonctionnement de cet écosystème”.