Une atmosphère positive et constructive” et des “progrès encourageants”. C’est ainsi que les médiateurs qataris et pakistanais ont résumé lundi matin la première session de pourparlers entre Américains et Iraniens, visant à mettre fin à la guerre au Moyen-Orient, rapporte Dawn.

Les discussions, qui se tiennent à Bürgenstock, dans les Alpes suisses, “ont débuté dimanche et se sont prolongées jusqu’à lundi” dans la nuit, dans le cadre du protocole d’accord signé jeudi entre les deux parties, précise le quotidien pakistanais.

Selon le compte rendu des médiateurs, relayé par la BBC, les délégations iranienne et américaine se sont entendues sur “une feuille de route visant à parvenir à un accord définitif dans un délai de 60 jours”. Les discussions techniques “se poursuivront toute la semaine”, précise le diffuseur britannique.

“Celle de résolution des conflits” pour le Liban

Si les Américains n’avaient pas réagi lundi matin, le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi, membre de la délégation envoyée par Téhéran, a quant à lui fait état de “progrès majeurs” dans la résolution de la “guerre au Liban”, observe Al-Jazeera.

“Les exportations de pétrole et de produits pétrochimiques [iraniens] sont exemptées [de sanctions], le blocus est levé, certains avoirs gelés ont été débloqués et un vaste plan de reconstruction et de développement a été lancé pour l’Iran”, a-t-il ajouté sur X.

Il a néanmoins souligné que le premier “véritable test” du succès des négociations serait l’évolution de la situation au Liban, où l’Iran réclame la fin définitive des hostilités entre Israël et le Hezbollah – un dossier largement abordé dimanche lors des pourparlers.

Selon le Middle East Eye, qui détaille dans son live le compte rendu des médiateurs, Téhéran et Washington ont convenu de la création d’une “cellule de résolution des conflits afin de faciliter la mise en œuvre des dispositions du protocole d’accord concernant le Liban”.

Cette cellule “réunira des représentants des États-Unis, de l’Iran et du gouvernement libanais, avec le soutien des pays facilitant les pourparlers”, précise le site. Pour les médiateurs, “cette initiative” doit permettre de créer “un canal direct pour traiter les incidents, réduire les risques d’escalade et contrôler le respect des engagements de cessation des hostilités”.

Le calme prévaut au Liban-Sud

La situation au Liban menaçait en effet de faire capoter l’accord américano-iranien, Israël et le Hezbollah refusant obstinément de déposer les armes. Les affrontements dans le sud du pays ont fait des dizaines de morts vendredi et samedi, et Washington a dû taper du poing sur la table pour qu’Israël ordonne samedi après-midi à son armée d’observer le cessez-le-feu décrété vendredi.

L’Orient-Le Jour constate que “le calme qui prévaut au Liban-Sud depuis samedi 16 heures a semblé tenir dimanche, à l’exception de deux tirs sur la région de Nabatiyé, menés alors que le commandant en chef de l’armée libanaise [effectuait] une tournée dans cette région en cours de journée”.

“Outre ces tirs, aucune autre violation notable de la trêve n’a été signalée, à l’exception de survols de drones à haute altitude de plusieurs localités du Sud, notamment dans la région du Zahrani”, ajoute-t-il.

Le nucléaire iranien absent des discussions

Les pourparlers de dimanche ont également permis de clarifier la situation dans le détroit d’Ormuz, que l’Iran assurait avoir à nouveau fermé samedi, pour protester contre la poursuite des affrontements au Liban. Les parties ont décidé d’établir une “ligne de communication”, afin d’éviter “les incidents et les problèmes de communication” et d’assurer “un passage en toute sécurité aux navires commerciaux traversant le détroit”, précise la BBC.

Les échanges n’ont cependant pas été exempts de tensions et les discussions ont bien failli “dérailler plus tôt dans la journée”, relève CNN. L’Iran a quitté la table des négociations un peu plus d’une heure après leur démarrage “après la diffusion de menaces proférées” par Donald Trump, jugées “insultantes” par Téhéran.

Dans un entretien à Fox News, le président américain venait en effet de menacer, une fois de plus, de détruire l’Iran si Téhéran décidait de fermer le détroit d’Ormuz. “Si vous le fermez, vous n’aurez plus de pays”, a-t-il déclaré. Les pourparlers se sont finalement poursuivis, mais par médiateurs interposés.

Enfin, si l’on en croit les médias d’État iraniens, dont The New York Times se fait l’écho, les négociateurs “n’ont pas abordé l’avenir du programme nucléaire iranien” lors de cette première session, gardant ce sujet pour des discussions ultérieures.