Alors que les Américains n’ont jamais été aussi nombreux à envisager l’expatriation, les témoignages en ligne abondent pour conforter les candidats au départ dans leur choix. On y vante un coût de la vie attractif, une vie de quartier agréable ou encore une ouverture sur le monde. Pourtant, partir vivre à l’étranger a un prix qui ne se mesure pas seulement en dollars. Salon a donc enquêté sur “les bouleversements émotionnels que vivent les Américains après leur départ à l’étranger”, un phénomène de plus en plus important puisque, selon la Brookings Institution, les États-Unis ont connu en 2025 leur premier solde migratoire négatif depuis un demi-siècle. “Passé l’enthousiasme initial, beaucoup ressentent solitude, tristesse, culpabilité et deuil – des aspects du déménagement rarement abordés avant le départ. De ce fait, un véritable marché parallèle de psychothérapies pour expatriés a émergé”, écrit le site.

À lire aussi : Psychologie. Expatriation : comment tenir quand on a “le cœur dans deux endroits”

Certes tout déménagement à l’étranger entraîne une perte de repères qui peut être éprouvante, mais, pour Janaline Smalman, une thérapeute qui a vécu dans treize pays différents, les Américains en souffrent plus que les autres. Pourquoi ? Parce qu’ils ont souvent besoin d’aide et de plus de temps pour faire des choses alors qu’ils sont “issus d’une culture valorisant l’indépendance, la productivité et l’autonomie”. Enikö Hajas, psychothérapeute spécialisé dans ce sujet, explique que les deux premières années sont souvent délicates et qu’il existe une “séquence d’événements prévisibles” : agacement, critique puis nostalgie et idéalisation de son pays et, enfin, isolement.

À lire aussi : Santé. Expatriation : ce que vit votre cerveau

Sans surprise, le conseil principal est d’anticiper son expatriation avec des voyages préparatoires et en entrant en contact avec des expats présents sur place. Mais quand cela ne suffit pas, il ne faut pas hésiter à se tourner vers des thérapeutes. La santé mentale importe en effet tout autant que la santé financière et les Américains en font plus que jamais l’expérience.