C’est un regard plein de tendresse que porte Suzannah Mirghani sur ses personnages. En particulier sur ses héroïnes, Nafisa (Mihad Murtada) et sa grand-mère Al-Sit (Rabha Mohamed Mahmoud), à l’affiche de Cotton Queen, qui sort en France ce 5 août. Dans leur village reculé du Soudan, les deux femmes vivent de la culture du coton, comme la plupart de leurs voisins. Le film met en scène une transmission intergénérationnelle aux prises avec la violence coloniale passée (le Soudan a appartenu à l’Empire britannique de 1896 à 1955) et ses répercussions aujourd’hui encore, alors qu’un entrepreneur britannico-soudanais veut importer des graines génétiquement modifiées. Une logique mercantile qui risque de mettre en péril les cultures biologiques, mais aussi le gagne-pain des femmes de la communauté et leur sororité.

La cinéaste, qui est également historienne à l’université Georgetown au Qatar, s’est notamment inspirée de ses recherches pour réaliser cette fiction. Courrier international l’a interviewée en marge du Festival du film et forum international sur les droits humains (FIFDH), qui s’est tenu en mars, à Genève, et dont nous étions partenaires.

COURRIER INTERNATIONAL : La guerre civile qui a éclaté au Soudan, en 2023, vous a empêchée de tourner dans votre pays, comme prévu. Commen