“Je quitte le rêve australien et je retourne en Grande-Bretagne : suis-je folle ?” C’est la question sans détour que pose Katie Strick, dans les pages du journal The Times, tout en assurant qu’elle a bien toute sa tête. Ses amis en Australie ne comprenaient pas son choix de quitter un pays au climat paradisiaque et au style de vie détendu pour retrouver son île pluvieuse et grise. Elle-même, frappée par les informations lui parvenant de son pays natal, commençait à douter de son choix.
Elle a fait partie d’une cohorte de jeunes Britanniques ayant quitté leur pays, et a pu profiter du PVT (Programme Vacances-Travail) pour rejoindre son compagnon, comptable britannique dans un grand cabinet d’audit en Australie. Elle était heureuse dans son pays d’adoption. Pourtant, “même nager avec les tortues avant d’aller travailler ne peut rivaliser avec ce sentiment d’appartenance qu’on éprouve [une fois rentré] lorsqu’on rend visite à ses grands-parents ou qu’on câline le nouveau-né de sa meilleure amie, et qui nous fait dire : ‘Ah oui, c’est ce qui me manquait tant, quand je n’avais qu’un FaceTime le matin’”, confit-elle.
La nostalgie prend le dessus
Autre facteur clé : l’incertitude géopolitique, le besoin de survoler des zones de conflit pour rentrer dans son pays et la hausse du prix du carburant, et donc des billets d’avion. Le compagnon de Katie Strick s’apprête à la rejoindre à Londres. La jeune femme est sûre de son choix, même si elle est consciente que tout ne sera pas toujours facile :
“Il y aura un choc culturel inversé, on le sait. Mais je suis de retour. Je suis chez moi. Alors, arrêtez de nous dire qu’on changera d’avis dans un an.”
Dans sa rubrique “Expat Files”, le quotidien The i Paper publie des témoignages de Britanniques expatriés. On peut y lire notamment l’histoire de Rosemary White, une paysagiste de 68 ans partie passer sa retraite en Italie. Elle aussi a fini par rentrer au Royaume-Uni, malgré l’incrédulité de ses amis, intrigués qu’elle puisse préférer son pays à la dolce vita italienne. Pourtant, l’expérience est un échec. Elle choisit d’abord de s’installer à Rome. Mais la Ville éternelle lui semble “trop chaotique”, en proie à un surtourisme “infernal”. “Certains jours, je pouvais à peine me promener dans le centre historique ou faire du shopping sans me heurter à des adolescents idiots qui prenaient des selfies. Le métro romain, à mon avis, est inefficace. Après une vie de travail puis le décès de mon mari, j’aspirais à la tranquillité, et le rythme effréné de la vie ne m’y convenait pas”, se souvient-elle. Elle déménage donc à Milan, ville plus organisée mais où “tout le monde court partout”.
Elle admet qu’elle a sans doute eu tort de s’installer dans une grande ville plutôt que dans un endroit calme et que “visiter l’Italie en touriste, c’est une chose, et qu’y vivre, c’en est une autre”. Mais, au-delà des désagréments de la vie italienne, la raison principale de son retour est une forme de nostalgie et le manque de ses proches :
“J’ai compris que les liens sociaux sont plus importants que le lieu de vie lui-même, que ce sont les gens qui font qu’un endroit est un foyer.”
Ces deux témoignages, venant de femmes de générations différentes et parties pour des raisons différentes, montrent que, malgré l’attrait de conditions de vie plus agréables, l’expression “home sweet home” se vérifie toujours.
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