Le Royaume-Uni doit « faire face » au « changement climatique » et passer aux « énergies plus propres », a déclaré vendredi 14 août le premier ministre britannique, Andy Burnham, lors d’un déplacement près de Birmingham, théâtre jeudi d’un grave incendie alimenté par une sécheresse historique.
« Il ne sert à rien de nier la situation dans laquelle nous nous trouvons. Nous devons l’affronter », a affirmé le dirigeant travailliste en marge d’une rencontre avec des pompiers à Stourbridge, lieu de l’incendie. « Je n’ai jamais rien vu de tel en Grande-Bretagne ; on a vu une maison entière éventrée, fumant encore », a-t-il ajouté après un tour dans cette bourgade, où trois pompiers ont été blessés en combattant le brasier.
Au total, 19 maisons ont été complètement détruites et 18 endommagées dans l’incendie, selon le chef des pompiers des West Midlands, Simon Tuhill, qui a estimé que c’était « l’un des incendies les plus importants » que les services « aient jamais eu à affronter ».
Des habitants ont été évacués et 54 personnes traitées pour inhalation de fumée, dont 16 ont été hospitalisées.
Trente-sept incendies
Des photos de l’Agence France-Presse (AFP) témoignent de la virulence du feu, montrant des habitations réduites à des ruines de briques noircies, aux toitures effondrées. Les jardins étaient calcinés et le sol jonché de débris fumants. Sur l’une des images, on aperçoit un homme s’enfuir de chez lui, une simple valise à la main.
Le premier ministre a averti que le Royaume-Uni était « une poudrière en ce moment », recensant « 37 incendies qui couvent à travers le territoire ». Face aux vagues de chaleur successives et à une sécheresse historique, une réunion de crise Cobra avait été convoquée d’urgence ce mercredi.
Près des trois quarts de l’Angleterre (71,3 %), dont la région de Stourbridge, sont actuellement en état de sécheresse, sous l’effet de vagues de chaleur et de précipitations quasi inexistantes, un phénomène inédit depuis 1836.
A Stourbridge, Andy Burnham a annoncé la commande de Canadair pour lutter contre les incendies, soulignant que ces appareils, fréquemment utilisés sur le continent européen, « auraient fait la différence » face à l’incendie de jeudi. Un « soutien financier d’urgence » est également en préparation pour les services de secours qui réclament des moyens supplémentaires depuis plusieurs jours.
Extraction d’hydrocarbures
Le chef des services d’incendie du Royaume-Uni a fait état de la « pression considérable » que font peser sur les pompiers les incendies de cet été, en passe de devenir le plus chaud que le pays ait jamais enregistré.
Dans l’immédiat, la principale mesure annoncée par Downing Street a été d’interdire, à partir de ce vendredi, les barbecues jetables, qui constituent une menace majeure en période de sécheresse : leur structure en aluminium et leurs braises peuvent instantanément embraser la végétation asséchée et provoquer des départs de feu incontrôlables.
Andy Burnham n’a pas non plus immédiatement détaillé les moyens de développer les énergies propres. Il est attendu au tournant sur l’extraction d’hydrocarbures en mer du Nord. L’opposition conservatrice – comme le président américain, Donald Trump – le presse de forer davantage dans ce bassin pourtant jugé vieillissant par les experts.
Jusqu’ici, il a assuré qu’il serait « pragmatique » sur la question et doit décider dans les semaines qui viennent d’autoriser ou non l’exploitation du gisement gazier Jackdaw et du champ pétrolifère Rosebank – un sujet brûlant au sein du parti travailliste comme pour les ONG environnementalistes opposées aux projets de forage.