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Sans sécurisation du territoire, jusqu’à quand Digicel et Natcom peuvent-ils encore tenir ?

Depuis des années, les gangs ont transformé les infrastructures de télécommunications haïtiennes en otage. Les fibres optiques qui relient la station d’atterrissage internationale de Kaliko aux cœurs de réseau de Port-au-Prince sont régulièrement sectionnées. Les routes alternatives pass

Sans sécurisation du territoire, jusqu’à quand Digicel et Natcom peuvent-ils encore tenir ?
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6 août 2026
Sans sécurisation du territoire, jusqu’à quand Digicel et Natcom peuvent-ils encore tenir ? 
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Sans sécurisation du territoire, jusqu’à quand Digicel et Natcom peuvent-ils encore tenir ? 

  • by Rezo Nodwes
  • 6 août 2026
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Depuis des années, les gangs ont transformé les infrastructures de télécommunications  haïtiennes en otage. Les fibres optiques qui relient la station d’atterrissage internationale de  Kaliko aux cœurs de réseau de Port-au-Prince sont régulièrement sectionnées. Les routes  alternatives passent elles aussi sous contrôle armé. Les techniciens ne peuvent plus intervenir  sans risquer leur vie. Les exigences financières et les menaces se multiplient. Pendant ce  temps, les deux principaux opérateurs, Digicel et Natcom, tentent de maintenir un service  minimal alors même qu’ils ont déjà délocalisé une part significative de leurs serveurs critiques  (SMS et internet) à l’étranger.  

La question n’est plus de savoir si la situation est grave. Elle l’est. La question réelle, urgente,  est la suivante : sans sécurisation effective du territoire face aux activités des gangs,  combien de temps Digicel et Natcom peuvent-ils encore tenir le coup ? 

La réponse, réaliste et sans détour, est courte : ils ne peuvent plus tenir longtemps. À  l’échelle d’un réseau national, nous parlons de mois, peut-être de deux ou trois années au  maximum, avant qu’un basculement structurel ne se produise. Voici pourquoi. 

La fragilité n’est plus théorique. Chaque coupure majeure à Arcahaie, Martissant, Tabarre ou  dans l’Artibonite prive des millions d’utilisateurs d’internet, d’appels internationaux, de SMS  et de MonCash pendant des jours. Les cœurs de réseau situés à l’étranger ne servent à rien si  

le lien terrestre entre le câble sous-marin et le pays est rompu. Les opérateurs improvisent :  routes alternatives, micro-ondes, basculements partiels, terminaux satellitaires pour les sites  critiques. Ces solutions existent, mais elles sont coûteuses, limitées en capacité et elles-mêmes  vulnérables. 

Les satellites LEO, notamment Starlink, apportent un filet de secours utile. Ils échappent aux  tracés terrestres contrôlés par les gangs. Pourtant leurs limites sont structurelles : dépendance  totale à l’électricité (elle-même précaire), coût élevé inaccessible à la masse, capacité agrégée  insuffisante pour remplacer un câble sous-marin, cadre réglementaire encore flou. Le satellite permet de survivre à une crise. Il ne permet pas de faire fonctionner un réseau national de  façon durable et abordable. 

Chaque panne force les opérateurs à engager des dépenses exceptionnelles : sécurité  renforcée, générateurs, détours techniques, équipes mobilisées dans des conditions  dangereuses, assurances en hausse, perte de revenus pendant les interruptions. Les marges s’érodent. Les investissements dans la redondance réelle ralentissent. Les exigences des gangs  – rançons pour laisser passer les équipes, « protection », menaces de destruction – placent les entreprises face à un dilemme impossible : payer et légitimer le racket, ou refuser et voir le  réseau s’effondrer par endroits. 

Jusqu’où peuvent-ils aller ? Jusqu’à ce que le coût de maintenir le service dépasse le bénéfice  économique et le risque acceptable pour leurs actionnaires, leurs employés et leurs partenaires  internationaux. Ce point de bascule n’est pas théorique. Il se rapproche à chaque nouvelle  coupure, à chaque nouveau corridor tombé sous contrôle armé, à chaque technicien qui refuse  de sortir. 

Dans cette usure, la grande victime reste le consommateur haïtien. C’est lui qui subit les  pannes au moment où il a le plus besoin de communiquer. C’est lui qui voit la qualité se  dégrader et les tarifs sous pression. C’est lui qui, dans les zones assiégées, perd son dernier  outil de survie : l’appel d’urgence, le transfert MonCash, le contact avec la famille. Les  opérateurs peuvent encore absorber une partie du choc. Le consommateur, lui, n’a plus de  marge. 

Sans sécurisation du territoire, Digicel et Natcom peuvent encore « tenir » quelques mois,  voire deux ou trois ans, en mode survie : service dégradé, redondance partielle, recours accru  au satellite pour les points critiques, hausses de coûts répercutées ou absorbées au détriment  des investissements. Mais ce n’est plus de la tenue. C’est de l’agonie lente. 

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