En direct Jeudi 20 Août 2026
Culture

Sécurité, élections, millions : Ramdin remplit le panier troué de Fils-Aimé de promesses

PORT-AU-PRINCE — Albert Ramdin est reparti d’Haïti avec une cargaison de déclarations, d’engagements et de projets suffisamment volumineuse pour remplir plusieurs communiqués diplomatiques. Sur le terrain, pourtant, les routes demeurent sous la menace des groupes armés, des quartiers entie

Sécurité, élections, millions : Ramdin remplit le panier troué de Fils-Aimé de promesses
HaitiCreoleRadio.com

19 août 2026
Sécurité, élections, millions : Ramdin remplit le panier troué de Fils-Aimé de promesses
Actualités Corruption Diplomatie FactCheck Insécurité|Kidnapping Justice Pages d'Histoire d'Haiti Société

Sécurité, élections, millions : Ramdin remplit le panier troué de Fils-Aimé de promesses

  • by Rezo Nodwes
  • 19 août 2026
  • 0 Comments

PORT-AU-PRINCE — Albert Ramdin est reparti d’Haïti avec une cargaison de déclarations, d’engagements et de projets suffisamment volumineuse pour remplir plusieurs communiqués diplomatiques. Sur le terrain, pourtant, les routes demeurent sous la menace des groupes armés, des quartiers entiers échappent toujours au contrôle de l’État et le gouvernement de doublure d’Alix Didier Fils-Aimé continue d’agiter le calendrier électoral du 13 décembre comme on brandit un parapluie troué sous une pluie tropicale. À défaut de reconquérir immédiatement le territoire, le secrétaire général de l’OEA a rempli le panier gouvernemental de douze promesses, certaines chiffrées, d’autres suspendues aux traditionnels verbes de la diplomatie : mobiliser, soutenir, accompagner, favoriser.

Première pièce déposée dans le panier : convaincre davantage de gouvernements et d’institutions de soutenir Haïti. Une formule familière dans un pays où les conférences internationales se succèdent souvent plus rapidement que les résultats observables sur le terrain.

Après le soutien politique, l’expertise. Conseillers, spécialistes, programmes et assistance institutionnelle pourraient encore venir garnir les bureaux de l’État. Reste une interrogation moins diplomatique : quelle assistance technique peut produire ses effets lorsque certaines administrations ne peuvent même plus exercer normalement leurs fonctions sur une partie du territoire ?

Ramdin promet aussi de mobiliser davantage d’argent. Haïti connaît bien cette musique : millions annoncés, fonds promis, enveloppes négociées. Mais entre l’annonce et l’impact réel, l’argent emprunte parfois un chemin beaucoup plus long que celui reliant Port-au-Prince à l’aéroport.

Davantage d’effectifs, davantage d’équipements et davantage de ressources financières sont réclamés pour la force soutenue par les Nations unies. Pendant que la diplomatie compte les renforts espérés, les groupes armés, eux, comptent les territoires qu’ils contrôlent déjà.

Autre priorité : protéger la principale route vers l’aéroport de Port-au-Prince. Il fallait donc une promesse internationale pour rappeler qu’un État doit pouvoir garantir l’accès à sa principale porte aérienne.

La promesse s’étend aux deux infrastructures stratégiques. Aéroport et port doivent rester accessibles. En langage administratif, cela ressemble à un objectif opérationnel. En langage ordinaire, cela revient à demander que la capitale d’un pays ne puisse être étranglée à volonté par des groupes criminels.

Ramdin veut également contribuer à restaurer la circulation vers le Sud. Là encore, la géographie haïtienne vient rappeler la réalité politique : lorsqu’un gouvernement doit négocier indirectement la possibilité de circuler sur son propre territoire, la souveraineté devient moins une proclamation qu’une épreuve quotidienne.

L’OEA veut voir progresser l’inscription des électeurs avant le scrutin annoncé pour le 13 décembre. Le paradoxe est presque parfait : on prépare les cartes électorales pendant que l’accès à certaines zones demeure incertain. Les électeurs doivent être identifiés ; encore faudra-t-il qu’ils puissent rejoindre un centre de vote sans traverser une cartographie de territoires interdits.

Avec l’Organisation panaméricaine de la santé, l’OEA prévoit la création de centres destinés notamment aux policiers blessés dans les opérations contre les gangs. Une promesse très concrète, mais également un indicateur brutal du niveau de violence : faute de pouvoir annoncer la disparition prochaine des affrontements, on organise déjà la prise en charge de ceux qui en reviendront blessés.

Article précédent Saint-Jean-du-Sud lance sa première fête du livre Article suivant Haïti : l’OEA avertit que le pays a besoin d’un soutien accr…

Commentaires (0)

Laisser un commentaire

0 / 2000 caractères

Aucun commentaire. Soyez le premier !