Le Venezuela est encore sous le choc, deux semaines après le double séisme du 24 juin qui a ravagé le nord et le centre-nord du pays et fait 3 811 morts ainsi que plusieurs dizaines de milliers de disparus, selon les autorités. Face à l’ampleur des dégâts et du bilan humain, des responsables sont montrés du doigt.

Parmi eux, des entreprises turques, pays qui a un temps été très proche du Venezuela et qui a connu lui aussi un double séisme dévastateur en février 2023, faisant 53 237 morts selon des chiffres officiels contestés, rapporte le quotidien turc d’opposition Cumhuriyet.

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La Turquie est en effet connue pour son secteur du BTP, un des moteurs de sa croissance, qui s’est largement développé en dehors de ses frontières nationales. Mais, comme lors du séisme en Turquie, ces entreprises travaillant au Venezuela sont accusées de ne pas avoir respecté les normes en vigueur pour économiser sur les coûts et les délais de construction.

Construction à la va-vite

En 2010, après une première catastrophe naturelle – des inondations majeures –, le ministre de l’Énergie turc s’était rendu sur place pour proposer à Caracas un programme de construction de logements en échange de pétrole, dont le Venezuela possède d’énormes réserves.

Interrogé par l’agence officielle Anadolu à l’époque, le patron d’une de ces entreprises se réjouissait de l’opération, rappelle Cumhuriyet : “Ils nous ont demandé : ‘En combien de mois pouvez-vous terminer 1 500 logements ?’ Nous avons répondu : ‘En onze mois.’ Ils ont été surpris par le délai que nous nous étions engagés à respecter. Car il était beaucoup plus court comparé aux entrepreneurs chinois, iraniens, espagnols, italiens et russes qui travaillent au Venezuela.”

Mais les complexes immobiliers édifiés par cette société, Summa Insaat, n’ont pas résisté au double séisme, souligne un journaliste turc installé au Venezuela, cité par Cumhuriyet, qui est allé à la rencontre des résidents de La Guaira, ville qui a payé un lourd tribut aux tremblements de terre. “En 2014, une entreprise turque a annoncé qu’elle construirait des logements résistants aux tremblements de terre. Nous lui avons fait confiance et nous nous sommes installés dedans. Mais ils se sont tous effondrés. Beaucoup d’habitants sont morts et nous n’arrivons pas à retrouver nos proches disparus”, s’indignent les habitants.

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Selon le journaliste, dans les logements supposément parasismiques de la société turque, environ 800 personnes auraient perdu la vie et 600 seraient toujours portées disparues. L’entreprise en question, Summa Insaat, qui a contacté le journaliste, prétend, elle, que le nombre des victimes serait exagéré et qu’elle a mené ses travaux en conformité avec la réglementation locale.