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Septième partie »IL FAUT SAUVER CARTHAGE » de Robert Lodimus

Robert Lodimus ______________________________ Il faut sauver Carthage _________________ Septième partie ___________________ Une croissance économique également au service des pauvres ___________________________ « Mange ton pain pendant qu’il est encore pain. Et profite du feu pour faire cuire

Septième partie »IL FAUT SAUVER CARTHAGE » de Robert Lodimus
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14 mai 2026
Septième partie  »IL FAUT SAUVER CARTHAGE » de Robert Lodimus 
Actualités Coin littéraire du Rezo Culture

Septième partie  »IL FAUT SAUVER CARTHAGE » de Robert Lodimus 

  • by Rezo Nodwes
  • 14 mai 2026
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Robert Lodimus

      Au moment d’entamer ce nouveau chapitre de l’ouvrage, nous avons appris avec peine que le grand Africain, Emmanuel N’Djoké Dibango dit Manu Dibango, le célèbre musicien-compositeur, est décédé de la terrible maladie du XXIe siècle le 24 mars 2020 à Melun, en France, à l’âge de 86 ans. L’ange de la mort, qui se déplace avec la Covid-19, a frappé à la porte de Papagroove ou Papa Manu, et il a décidé de l’emmener avec lui, de le conduire là d’où les voyageurs de l’aventure terrestre ne reviennent jamais. « La beauté de la mort, disait Victor Hugo [1], c’est la présence. Présence inexprimable des âmes aimées, souriant à nos yeux en larmes. L’être pleuré est disparu, non parti. Nous n’apercevons plus son doux visage; nous nous sentons sous ses ailes. Les morts sont les invisibles, mais ils ne sont pas les absents. » 

      Les médias du monde entier ont annoncé la triste nouvelle le jour même du décès. Les Camerounais ont chaudement pleuré un compatriote qui a contribué, par sa musique, à « visibiliser » leur pays dans le monde. Manu Dibango délaissa ses études en France pour se consacrer à son instrument de prédilection, sa grande passion, le saxophone. On se souvient que l’Organisation Internationale de la Francophonie, le 8 septembre 2015, dirigée à l’époque par l’ex-gouverneure générale du Canada d’origine haïtienne, Michaëlle Jean, avait décerné à Manu Dibango le titre de « grand témoin de la Francophonie », dans le cadre des Jeux olympiques et paralympiques qui se sont déroulés à Rio en 2016. Grâce à la magie de la technologie,  ses différents tubes musicaux, tels que Soul Makossa, Wakafrika, continueront à bercer le cœur de ses nombreux fanatiques, pendant qu’il poursuivra encore son long voyage pour le repos éternel au royaume des dieux de l’Afrique. C’est Richard Anthony qui a chanté : « Que c’est loin où tu t’en vas! Auras-tu jamais le temps de revenir? » Parlant de l’Éternité : un chemin pour y aller, mais aucun pour en revenir! Manu Dibango a quand même eu le temps de rédiger son autobiographie parue en 1989, sous le titre de « Trois kilos de café ». 

      Le 9 novembre 1918, le grand poète français Guillaume Apollinaire, terrassé par la pandémie de grippe espagnole, trépassa dans sa résidence située à Paris, au VIIe arrondissement. Le virus, dont la souche H1N1 était transmise de l’oiseau à l’humain, avait infecté environ 500 millions de personnes dans le monde. Les statistiques révèlent que le tiers des habitants de la planète était touché par la contamination dangereuse. L’enfant de la Muse avait seulement 38 ans. Nous avons retrouvé ce poème « Allons plus vite » au fond d’un vieux tiroir, où l’intelligence humaine conserve les œuvres essentielles qui donnent à l’univers son sens véritable. Seulement pour vous qui puissiez vous élever à la hauteur des dieux de la Création littéraire, nous avons sélectionné cet extrait subliminal, qui viendra ensoleiller vos jours sans lumière, à l’heure où le malheureux mortel sacrifie sa précieuse « Liberté », pour échapper aux « Démons » des fatalités.  

« Et le soir vient et les lys meurent
Regarde ma douleur beau ciel qui me l’envoies
Une nuit de mélancolie 

Enfant souris ô sœur écoute
Pauvres marchez sur la grand-route
Ô menteuse forêt qui surgis à ma voix
Les flammes qui brûlent les âmes [2]»

       La pandémie effroyable du coronavirus a effectué un périple « hécatombal » dans le monde. Peut-être que l’univers ne sera pas désintégré par une ogive nucléaire puissante, mais par une bactérie ou un virus plus mortel que la peste bubonique qui a décimé au XVIIIe siècle, soit en 1720, la moitié des habitants de Marseille. 50 000 individus sur un total de 100 000, étendues inertes, en désordre, tapissaient les ruelles. Les petites gens tombaient comme des mouches et leurs cadavres s’accumulaient comme des sacs d’ordures, avant la collecte. La ville de Marseille fut mise en quarantaine. Il n’y avait aucun moyen pour les habitants d’y entrer et d’en sortir. Le malheureux et pitoyable peuple restait barricadé avec la mort qu’il voyait venir, avancer toutes les secondes à grands pas. La peste, selon sa définition classique et scientifique, est une maladie qui permet d’observer la présence de bubons responsables de l’inflammation des ganglions lymphatiques. Le système lymphatique protège le corps contre la propagation des infections et des cancers [3]. 

     Nous avons lu une réflexion de Jacques Attali sur l’apparition désastreuse  du coronavirus. Le célèbre économiste constate que les épidémies ou les pandémies engendrent très souvent des conséquences qui affectent le mode de fonctionnement des environnements intrasociétal et extrasociétal. Et pour nous, c’est tout à fait logique et explicable. À la suite d’un désastre naturel, l’ordre ancien, dans bien des cas, est totalement bousculé. Il doit céder sa place à de nouvelles structures systémiques sur lesquelles viendront se greffer les éléments d’un ordre nouveau. L’humanité se voit donc précipitée dans un couloir de réflexions rationnelles et urgentes, afin de continuer son cycle existentiel dans un monde que son génie de destruction fragilise de plus en plus. Après chaque catastrophe naturelle, la civilisation subit des soubresauts de métamorphosition. La nature tout entière connait une forme de désorganisation qui engendre elle-même un niveau de déséquilibre susceptible de compromettre son cycle normal de fonctionnalité. Les inondations continuelles dans certaines régions de la planète provoquent des situations d’érosion du sol, qui sont étroitement liées à la détresse alimentaire, à la déforestation, à tous les problèmes majeurs qui contraignent les indigènes au nomadisme, ou qui  les acculent à l’exode sédentaire. L’être humain est condamné, de ce fait, à repenser sans cesse sa situation de vie ambiante, dans le but de se donner de nouvelles conditions d’existence conformes à son désir de bien-être, au cours de son passage éphémère sur la terre. Jacques Attali préside actuellement le groupe Positive Planet et le groupe Attali & Associés. Il est l’auteur d’une pléiade d’ouvrages qui traitent du devenir de l’humanité; parmi lesquels : Histoire de l’Alimentation : De quoi manger est-il le nom (Éd. Fayard), Le premier jour après moi [Éd. Fayard), Comment nous protéger des prochaines crises (Éd. Fayard), Peut-on prévoir l’avenir? Le sien et celui des autres (Éd. Fayard), Pour une économie positive (Éd. Fayard). En cette période nébuleuse pour les populations mondiales, l’écrivain, journaliste, économiste, professeur d’université et maître de conférences nous fait remarquer : « Chaque épidémie majeure, depuis mille ans, a conduit à des changements essentiels dans l’organisation politique des nations, et dans la culture qui sous-tendait cette organisation. » Par exemple, (sans vouloir réduire à néant la complexité de l’Histoire), on peut dire que la grande peste du 14ème siècle, (dont on sait qu’elle réduisit d’un tiers la population de l’Europe) a participé à la remise en cause radicale, sur le vieux continent, de la politique du religieux, et à l’instauration de la police, comme seule forme efficace de protection de la vie des gens. L’État moderne, comme l’esprit scientifique, y naissent alors comme des conséquences, des  ondes  de  choc,  de cette  immense  tragédie  sanitaire [4]. » 

     Les dommages collatéraux qui résulteront de cette crise de santé vont probablement forcer les États à adopter des formules de solution globale, dans le but de se prémunir contre d’éventuels dangers  d’autopérissement. Tous les gouvernements de la terre traversent actuellement des moments graves de difficultés socioéconomiques qui vont, tôt ou tard, influencer de manière péjorative les habitudes de vie de leur population. Autre facteur important, la pandémie du coronavirus nous permet également de constater que le système capitaliste ne peut survivre que dans un climat d’exploitation outrancière des masses ouvrières. Sans cette main-d’œuvre non qualifiée, à bon marché, que constituent les paysans spoliés, décapitalisés et prolétarisés,  le capital ne pourra pas se fructifier. Rapporter des dividendes. Générer des plus-values. La classe globale des travailleuses et des travailleurs doit être capable de capitaliser sur les « facteurs de l’indispensabilité de leur présence » dans le secteur manufacturier et dans les usines de sous-traitance industrielle. Le patronat panique. Commence à crier faillite. Ne serait-ce pas le temps de lui régler ses comptes?  Le « Capital », ce monstre avide, cet exploiteur insatiable, ce vampire inflexible boit le sang du pauvre, ronge jusqu’à l’os sa « force de travail », sans vouloir jamais y mettre le prix. Les ouvriers ne devraient pas s’empresser de reprendre la route de leurs activités d’emploi, sans renégocier des conditions de travail qui les auraient avantagés sur tous les plans. Les États néolibéralistes n’auraient eu d’autre choix que d’obtempérer aux exigences  du salariat revendicatif, si toutefois il n’avait pas voulu  exposer ses entreprises à d’énormes risques. Nous vivons tous. Ou nous mourons. Les riches ne peuvent pas « bouffer » leurs « comptes en banque », comme ils se gavent de caviar. Les denrées agricoles, les produits vivriers, qui les gardent en santé et en vie, sont cultivés et moissonnés par des paysans sans terre, prolétarisés. Le Canada prévoyait déjà une situation de faillite économique dans le secteur de son agriculture, au cas où la pandémie ne serait pas endiguée avant la fin du mois d’avril 2020. Les travailleurs saisonniers, venant du Mexique et d’autres régions de l’Amérique, n’étaient pas autorisés à franchir les frontières des pays, qui étaient d’ailleurs fermées dans toutes les directions, afin d’empêcher la propagation du virus. Des entreprises industrielles se tournaient déjà vers les gouvernements, dans le but de solliciter une aide d’urgence de survie. Elles ne se sont pas montrées préoccupées par la conservation de la vie. Mais plutôt par la stagnation ou la baisse du « Capital » et des profits.  

     Nous avons constaté avec quelle rapidité, quelle célérité même les autorités néolibérales débloquaient des milliers de milliards de dollars pour venir en aide aux propriétaires des industries et des commerces qui paupérisent les petits employés et les journaliers. Pour masquer l’indécence politique, elles ont annoncé des miettes pour les couches sociales nécessiteuses. Sur 200 milliards débloqués dans le cadre de la pandémie, Ottawa ne consacrait que 300 millions de dollars aux territoires autochtones qui représentent 4% de l’effectif global des Canadiens. On sait que les Amérindiens survivent dans des conditions extrêmement difficiles. Certains villages, vous ne voudriez pas le croire, en plein début de ce XXIe siècle, n’ont ni eau potable ni électricité. Les masses populaires des États-Unis, contraintes de déserter les usines, ont reçu 1 000 dollars de la Maison Blanche pour acheter du spaghetti, du riz, de la sardine, du pain, de l’huile et de la margarine. Les couches démunies de la société canadienne, plus chanceuses elles-mêmes, ont bénéficié d’une allocation de 2 000 dollars durant 4 mois consécutifs, pour faire fonctionner la cuisinière et voir bouillir la marmite. Il ne faut pas oublier les cris d’alarme de l’essayiste et humaniste Jean Ziegler contre le phénomène de la misère qui décime les habitants des pays infortunés, mais extrêmement riches, par rapport à la quantité inestimable des richesses naturelles dont ils disposent. Selon l’intellectuel, environ 24 à 30 milliards de dollars US auraient été suffisants pour calmer, ralentir la course de la famine dans le monde.  

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