Il y a urgence : le taux de fécondité à Singapour tombe cette année à un niveau historiquement bas de 0,87 enfant par femme, loin, très loin du seuil de renouvellement démographique, établi à 2,1. Pour faire face à ce déficit de population, le gouvernement de la cité-État a annoncé à la fin d’août qu’il allait allouer un total de 70 000 dollars singapouriens, soit près de 45 000 euros, à chaque enfant jusqu’à l’âge de 17 ans, rapporte le quotidien The Straits Times. Cette politique commence dès la naissance avec une allocation de 10 000 dollars singapouriens (6 775 euros) par nouveau-né et deux allocations distinctes de 5 000 dollars pour les frais médicaux et scolaires.

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Parmi les autres mesures figurent des “crédits pour enfants” annuels équivalents à 1 355 euros, de 1 à 16 ans, la réduction des frais de garde et l’allongement du congé parental. “Nous voulons opérer un changement fondamental dans la manière dont nous soutenons les familles”, a déclaré le Premier ministre, Lawrence Wong, lors de la présentation de ce plan.

“L’avenir de Singapour ne sera solide que si les familles qui le bâtissent sont fortes.”

Pas sûr que le vœu pieux du Premier ministre trouve une concrétisation immédiate : un sondage publié quelques jours avant cette annonce révèle qu’un quart des Singapouriens âgés d’entre 18 et 44 ans, soit les plus susceptibles de faire des enfants, déclarent précisément ne pas envisager d’avoir de descendance.

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L’évolution démographique représente un défi économique majeur pour Singapour, qui devrait entrer officiellement cette année dans le cercle peu envié des sociétés “superâgées” – soit, selon l’ONU, les pays où plus de 20 % de la population est âgée de 65 ans et plus. Sans enfants, la proportion d’actifs disponibles pour subvenir aux besoins d’une population vieillissante croissante va diminuer drastiquement.

Selon The Guardian, “les mesures du Premier ministre ont reçu un accueil mitigé, ceux qui souhaitent avoir des enfants restant préoccupés par les dépenses liées à l’éducation d’une famille”. Le coût élevé de la vie combiné à la pression sociale, avec un système éducatif et un monde professionnel très compétitifs, ainsi que l’absence de solutions de garde d’enfants, contribuent à la réticence croissante de certains Singapouriens à fonder une famille.