Fondateurs des éditions Barzakh, à Alger, en 2000, Sofiane Hadjadj et Selma Hellal accompagnent le renouveau de la littérature algérienne depuis la « décennie noire » (la guerre civile de 1992-2002). En révélant de nouvelles voix, parmi lesquelles Kamel Daoud et Kaouther Adimi, et en multipliant les passerelles avec l’édition internationale, ils ont contribué à redonner à la littérature algérienne une visibilité et une liberté d’expression essentielles. Depuis vingt-cinq ans, leur engagement fait de Barzakh l’une des maisons d’édition indépendantes les plus influentes d’Algérie. Et surtout, il accompagne les mutations d’une société en mouvement.
En France, la plupart des gens ont tendance à croire que la guerre d’indépendance « c’est du passé », et qu’il suffirait que les Algériens aient la volonté de « tourner la page ». Vous qui éditez de nombreux livres consacrés à cette question, pouvez-vous nous dire quelle place cette mémoire occupe encore dans la société algérienne ?
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