Qu’est-ce que la peste ?

C’est une maladie infectieuse provoquée par la bactérie Yersinia pestis, que les rongeurs et leurs puces peuvent transmettre aux humains. Elle est surtout connue pour avoir provoqué la pandémie de peste noire, qui a tué près de 200 millions de personnes dans le monde au XIVe siècle.

Depuis, la maladie n’a pas disparu. Chaque année, des cas de peste sont recensés dans certaines régions du monde. “Depuis les années 1990, la plupart des cas humains ont été signalés en Afrique, en particulier à Madagascar et en République démocratique du Congo”, indique l’Organisation mondiale de la santé (OMS), qui a dénombré près de 50 000 cas entre 1990 et 2020. En 2025, des cas ont été recensés aux États-Unis, sans donner lieu à une épidémie.

La peste bubonique, la peste septicémique et la peste pulmonaire constituent les trois formes les plus fréquentes de la maladie. Toutes sont provoquées par la même bactérie, mais c’est la façon dont celle-ci entre dans le corps humain qui entraîne des manifestations différentes.

Une personne atteinte de peste pulmonaire peut produire des gouttelettes contenant la bactérie, laquelle peut ainsi être transmise rapidement d’humain à humain. “Dans le cas de la peste pulmonaire, les antibiotiques doivent être administrés dès les premiers signes d’infection pour être efficaces”, explique à Scientific American Richard Martinello, spécialiste des maladies infectieuses à la faculté de médecine de Yale. “Si elle n’est pas diagnostiquée et traitée précocement, cette forme peut être mortelle”, prévient l’OMS.

Doit-on craindre une pandémie ?

“Après la pandémie de Covid-19 en 2019, certains s’interrogent : ‘Est-ce le début d’un Covid-26 ?’” constate dans Nature Gregory Koblentz, chercheur en gestion des risques biologiques et spécialiste de la sécurité des laboratoires à l’université George-Mason, à Washington. Il fait référence aux informations, démenties par les autorités russes, selon lesquelles la mort de Daria Chipilova, employée de l’Institut antipeste de Sibérie et d’Extrême-Orient, dans la région d’Irkoutsk, serait due à la peste et de nombreuses personnes auraient été placées en quarantaine.

Sauf qu’à la différence du coronavirus responsable du Covid-19, qui était entièrement nouveau, la bactérie Y. pestis est connue et étudiée depuis longtemps, et il existe des traitements disponibles, y compris des vaccins.

“L’OMS [qui a tenu un point presse, le 6 octobre], qualifie le risque de faible pour les habitants d’Irkoutsk, encore plus faible pour le reste de la Russie, et extrêmement faible pour l’Europe et le monde”, insiste Gregory Koblentz.

Peut-on faire confiance aux autorités russes ?

C’est le problème avec les régimes autoritaires, qui entretiennent la culture du secret. Difficile de leur faire confiance, même lorsqu’ils partagent publiquement des informations. “La population locale se méfie des déclarations du gouvernement, et le reste du monde ne peut s’y fier non plus”, assure le spécialiste de la sécurité des laboratoires interrogé par Nature.

D’autant que l’histoire récente a montré que la Chine avait dissimulé des données sur l’origine potentielle du coronavirus responsable du Covid-19. On ne sait d’ailleurs toujours pas comment le virus est arrivé sur le marché de Wuhan ni par quel mécanisme il est devenu transmissible à l’humain.

Actuellement, tous les yeux sont rivés sur la Russie : l’OMS suit de près l’incident, et la Maison-Blanche surveille également la situation, assure Axios.

“Si le nombre de cas [d’infection pulmonaire] venait à augmenter rapidement et massivement, je m’inquiéterais du fait qu’il puisse y avoir autre chose en jeu ou que nous ayons affaire à une souche particulière de Yersinia pestis – si tant est qu’il s’agit bien de Yersinia pestis”, ajoute Richard Martinello, interrogé par Scientific American.