C’est une loi portée à l’origine par l’extrême droite, mais promulguée par l’homme qui l’a battue dans les urnes. António José Seguro, ancien dirigeant socialiste élu président en février face au chef de Chega, André Ventura, a promulgué ce mardi 18 août la “loi des burqas”, rapporte le Diário de Notícias. Le texte interdit de dissimuler totalement son visage dans l’espace public, ce qui vise notamment la burqa et le niqab. De la France à l’Autriche, plusieurs autres pays européens ont adopté des lois similaires depuis une quinzaine d’années.

Seguro invoque la sécurité, l’égalité entre les sexes et le “vivre-ensemble”. Pour justifier sa décision, le président insiste notamment sur la fonction sociale du visage, “central à l’identité et à la communication humaines, en tant qu’élément minimal de reconnaissance mutuelle entre concitoyens”. Il juge aussi que contraindre les seules femmes à cacher leur visage est incompatible avec l’égale dignité entre hommes et femmes.

Mais pour Manuel Carvalho, rédacteur en chef de Público, le problème est ailleurs. Dans un éditorial très critique, il ne défend pas le port de la burqa, mais dénonce une loi répondant selon lui à un problème inexistant au Portugal, qui équivaudrait à “légiférer sur le port d’écharpes en laine en plein midi dans le S