La Bourse de Shanghai est gagnée à son tour par la fièvre de l’intelligence artificielle (IA). Ce lundi 27 juillet, lors d’une séance de transactions “frénétiques”, selon le Financial Times, les investisseurs se sont précipités pour investir dans ChangXin Memory Technologies (CXMT), l’un des principaux fabricants mondiaux de puces mémoire, au point de propulser brièvement ses actions à plus de 500 % de son prix d’introduction.
L’action du groupe a finalement clôturé à 49 yuans (6,36 euros), pour un prix d’entrée fixé à 8,66 yuans (1,12 euro), précise le quotidien financier. “La flambée du cours de l’action a propulsé la capitalisation boursière de CXMT à près de 3 500 milliards de yuans [454 milliards d’euros], faisant de l’entreprise la plus valorisée en Chine continentale et la deuxième parmi les groupes chinois, derrière [le géant de la tech] Tencent, coté quant à lui à Hong Kong.”
CXMT a levé l’équivalent de 8,5 milliards de dollars (7,5 milliards d’euros) grâce à la vente de 6,7 milliards d’actions, “ce qui en fait la plus importante introduction en Bourse de Chine continentale depuis celle de la Banque agricole de Chine, en 2010”.
“Nous savions que l’introduction en Bourse serait un succès, explique un analyste chez Gavekal Dragonomics, à Pékin. Malgré tout, l’enthousiasme suscité est surprenant.”
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Je m’abonneApple prêt à acheter les puces de CXMT
Cette “fracassante” entrée en Bourse souligne, selon Bloomberg, “l’appétit vorace des investisseurs pour une entreprise considérée comme essentielle à l’ambition de Pékin de bâtir une industrie des semi-conducteurs autosuffisante”.
Fondée il y a à peine dix ans, CXMT s’est imposée comme le premier fabricant chinois de puces à mémoire vive dynamique (DRAM), dont le prix a explosé au cours des derniers mois en raison de la forte demande des entreprises spécialisées en IA, explique The Wall Street Journal. Située à Hefei, dans l’est de la Chine, l’entreprise reconnaît que ses produits restent inférieurs à ceux proposés par les leaders du marché – les sud-coréens SK Hynix et Samsung Electronics, ainsi que l’américain Micron –, mais “ses puces sont assez performantes pour être largement utilisées dans l’électronique grand public et les centres de données”.
Outre la fabrication de puces DRAM classiques, CXMT pilote également un projet visant à développer des puces mémoire à large bande passante (HBM), des composants particulièrement coûteux utilisés par les centres de données.
Alors que CXMT figure sur la liste noire du Pentagone des entreprises chinoises soupçonnées d’entretenir des liens avec l’armée, l’intérêt pour ses composants dépasse le marché chinois, signale le Wall Street Journal. Au point que le PDG d’Apple, Tim Cook, et les principaux dirigeants de la marque à la pomme “ont présenté au président Trump et à d’autres responsables américains un plan qui leur permettrait d’utiliser des puces de CXMT dans les produits Apple vendus hors des États-Unis”.
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